Thomas a Kempis (1380-1471) L'imitation de Jésus-Christ

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Re: Thomas a Kempis (1380-1471) L'imitation de Jésus-Christ

Message par FAD le Mar 29 Avr - 6:41

écoutez en silence les paroles des saints, et ne méprisez point les sentences des vieillards, car elles ne sont pas proférées en vain


OH ! que de vérité... les meilleurs enseignements sont ceux que j'ai eu la chance d'avoir auprès d'anciens et des ermites que j'ai rencontré avant de le devenir moi-même. Certes la théologie et la philo m'ont apporté, mais la sagesse se transmet bien mieux elle, par nos anciens...
Mon secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre !

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L'imitation de Jésus-Christ Livre Premier Chap 6

Message par debora le Mer 30 Avr - 8:12

6. Des affections déréglées

Dès que l’homme commence à désirer quelque chose de manière désordonnée, aussitôt il devient inquiet en lui-même. Le superbe et l’avare n’ont jamais de repos, mais le pauvre et l’humble d’esprit vivent dans l’abondance de la paix. L’homme qui n’est pas encore parfaitement mort à lui-même est bien vite tenté, et il succombe dans les plus petites choses. Celui dont l’esprit est encore infirme, appesanti par la chair et incliné vers les choses sensibles, a grand-peine à se détacher entièrement des désirs terrestres. C’est pourquoi, lorsqu’il se refuse à les satisfaire, souvent il éprouve de la tristesse, et il est disposé à l’impatience quand on lui résiste. Que, s’il a obtenu ce qu’il convoitait, aussitôt le remords de la conscience pèse sur lui, parce qu’il a suivi sa passion, qui ne sert de rien pour la paix qu’il cherchait. C’est en résistant aux passions, et non en leur cédant, qu’on trouve la véritable paix du cœur. Point de paix donc dans le cœur de l’homme charnel, de l’homme livré aux choses extérieures : la paix est le partage de l’homme fervent et spirituel.
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)


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L'imitation de Jésus-Christ Livre Premier Chap. 7

Message par debora le Jeu 1 Mai - 10:22

7. Qu’il faut fuir l’orgueil et les vaines espérances

Insensé celui qui met son espérance dans les hommes ou dans quelque créature que ce soit. N’ayez point de honte de servir les autres, et de paraître pauvre en ce monde pour l’amour de Jésus-Christ. Ne vous appuyez point sur vous-même, et ne vous reposez que sur Dieu seul. Faites ce qui est en vous, et Dieu secondera votre bonne volonté. Ne vous confiez point en votre science, ni dans l’habileté d’aucune créature, mais plutôt dans la grâce de Dieu qui aide les humbles et qui humilie les présomptueux. Ne vous glorifiez point dans les richesses que vous pouvez avoir, ni dans la puissance de vos amis, mais en Dieu, qui donne tout, et qui, par-dessus tout, désire encore se donner lui-même. Ne vous élevez point à cause de la force ou de la beauté de votre corps, qu’une légère infirmité abat et flétrit. N’ayez point de complaisance en vous-même à cause de votre esprit ou de votre habileté, de peur de déplaire à Dieu, de qui vient tout ce que vous avez reçu de bon de la nature. Ne vous estimez pas meilleur que les autres ; peut-être êtes-vous pire aux yeux de Dieu, qui sait ce qu’il y a dans l’homme. Ne vous enorgueillissez pas de vos bonnes œuvres, car les jugements de Dieu sont autres que ceux des hommes, et ce qui plaît aux hommes, souvent lui déplaît. S’il y a quelque bien en vous, croyez qu’il y en a plus dans les autres, afin de conserver l’humilité. Vous ne hasardez rien à vous mettre au-dessous de tous, mais il vous serait très nuisible de vous préférer à un seul. L’homme humble jouit d’une paix inaltérable, la colère et l’envie troublent le cœur du superbe.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - Chapitre 8

Message par debora le Ven 2 Mai - 6:34

8. Eviter la trop grande familiarité

N’ouvrez pas votre cœur à tous indistinctement ; mais confiez ce qui vous touche à l’homme sage et craignant Dieu. Ayez peu de commerce avec les jeunes gens et les personnes du monde. Ne flattez point les riches, et ne désirez point de paraître devant les grands. Recherchez les humbles, les simples, les personnes de piété et de bonnes mœurs, et ne vous entretenez que de choses édifiantes. N’ayez de familiarité avec aucune femme, mais recommandez à Dieu toutes celles qui sont vertueuses. Ne souhaitez d’être familier qu’avec Dieu et les anges, et évitez d’être connu des
hommes. Il faut avoir de la charité pour tout le monde, mais la familiarité ne convient point. Il arrive que, sans la connaître, on estime une personne sur sa bonne réputation, mais, en se montrant, elle détruit l’opinion qu’on avait d’elle. Nous nous imaginons quelquefois plaire aux autres par nos assiduités, et c’est plutôt alors que nous commençons à leur déplaire par les défauts qu’ils découvrent en nous.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - Chapitre 9

Message par debora le Sam 3 Mai - 6:36

9. De l’obéissance et du renoncement à son propre sens

C’est quelque chose de bien grand que de vivre sous un supérieur, dans l’obéissance, et de ne pas dépendre de soi-même. Il est beaucoup plus sûr d’obéir que de commander. Quelques-uns obéissent plutôt par nécessité que par amour, et ceux-là, toujours souffrants, sont portés au murmure. Jamais ils ne posséderont la liberté d’esprit, à moins qu’ils ne se soumettent de tout leur cœur, à la cause de Dieu. Allez où vous voudrez, vous ne trouverez de repos que dans une humble soumission à la conduite d’un supérieur. Plusieurs s’imaginant qu’ils seraient meilleurs en d’autres lieux, ont été trompés par cette idée de changement. Il est vrai que chacun aime à suivre son propre sens, et a
plus d’inclination pour ceux qui pensent comme lui. Mais si Dieu est au milieu de nous, il est quelquefois nécessaire de renoncer à notre sentiment pour le bien de la paix. Quel est l’homme si éclairé qu’il sache tout parfaitement ? Ne vous fiez donc pas trop à votre sentiment, mais écoutez aussi volontiers celui des autres. Si votre sentiment est bon, et qu’à cause de Dieu vous l’abandonniez pour en suivre un autre, vous en retirerez plus d’avantage. J’ai souvent ouï dire qu’il
est plus sûr d’écouter et de recevoir un conseil que de le donner. Car il peut arriver que le sentiment de chacun soit bon ; mais ne vouloir pas céder aux autres, lorsque l’occasion ou la raison le demande, c’est la marque d’un esprit superbe et opiniâtre.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier chapitre 10

Message par debora le Dim 4 Mai - 6:05

10. Qu’il faut éviter les entretiens inutiles

Evitez autant que vous pourrez le tumulte du monde, car il y a du danger à s’entretenir des choses du siècle, même avec une intention pure. Bientôt la vanité souille l’âme et la captive. Je voudrais plus souvent m’être tu, et ne m’être point trouvé avec les hommes. D’où vient que nous aimions tant à parler et à converser lorsque si rarement il arrive que nous rentrions dans le silence avec une conscience qui ne soit point blessée ? C’est que nous cherchons dans ces entretiens une consolation mutuelle et un soulagement pour notre cœur fatigué de pensées contradictoires. Nous nous plaisons à parler, à occuper notre esprit de ce que nous aimons, de ce que nous souhaitons, de ce qui contrarie nos désirs. Mais souvent, hélas ! bien vainement ; car cette consolation extérieure n’est pas un médiocre obstacle à la consolation que Dieu donne intérieurement. Il faut donc veiller et prier, afin que le temps ne se passe pas sans fruit. S’il est permis, s’il convient de parler, parlez de ce qui peut édifier. La mauvaise habitude et le peu de soin de notre avancement nous empêchent d’observer notre langue. Cependant de pieuses conférences sur les choses spirituelles, entre des personnes unies selon Dieu et animées d’un même esprit, servent beaucoup au progrès dans la perfection.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier chapitre 11

Message par debora le Lun 5 Mai - 6:20

11. Des moyens d’acquérir la paix intérieure, et du soin d’avancer dans la vertu

Nous pourrions jouir d’une grande paix, si nous voulions ne nous point occuper de ce que disent et de ce que font les autres et de ce dont nous ne sommes point chargés. Comment peut-il être longtemps en paix, celui qui s’embarrasse de soins étrangers, qui cherche à se répandre au-dehors, et ne se recueille que peu ou rarement en lui-même ? Heureux les simples, parce qu’ils posséderont une grande paix ! Comment quelques saints se sont-ils élevés à un si haut degré de vertu et de contemplation ? C’est qu’ils se sont efforcés de mourir à tous les désirs de la terre, et qu’ils ont pu ainsi s’unir à Dieu par le fond le plus intime de leur cœur, et s’occuper librement d’eux-mêmes. Pour nous, nous sommes trop à nos passions, et trop inquiets de ce qui se passe. Rarement nous surmontons parfaitement un seul vice, nous n’avons point d’ardeur pour faire chaque jour quelques progrès, et ainsi nous restons tièdes et froids. Si nous étions tout à fait morts à nous-mêmes et moins préoccupés au-dedans de nous, alors nous pourrions aussi goûter les choses de Dieu et acquérir quelque expérience de la céleste contemplation. Le plus grand, l’unique obstacle, c’est qu’asservis à nos passions et à nos convoitises, nous ne faisons aucun effort pour entrer dans la voie parfaite des saints. Et, s’il arrive que nous éprouvions quelque légère adversité, nous nous laissons aussitôt abattre, et nous recourons aux consolations humaines. Si tels que des soldats généreux, nous demeurions fermes dans le combat, nous verrions certainement le secours de Dieu descendre sur nous du ciel. Car il est toujours prêt à aider ceux qui résistent et qui espèrent en sa grâce, et c’est lui qui nous donne des occasions de combattre, afin de nous rendre victorieux. Si nous plaçons uniquement le progrès de la vie chrétienne dans les observances extérieures, notre dévotion sera de peu de durée. Mettons donc la cognée à la racine de l’arbre, afin que dégagés des passions, nous possédions notre âme en paix. Si nous déracinions chaque année un seul vice, bientôt nous serions parfaits. Mais nous sentons souvent, au contraire, que nous étions meilleurs et que notre vie était plus pure, lorsque nous quittâmes le siècle, qu’après plusieurs années de profession. Nous devrions croître chaque jour en ferveur et en vertu, et maintenant on compte pour beaucoup d’avoir conservé une partie de sa ferveur. Si nous nous faisions d’abord un peu de violence, nous pourrions tout faire ensuite aisément et avec joie. Il est dur de renoncer à ses habitudes, mais il est plus dur encore de courber sa propre volonté. Cependant, si vous ne savez pas vous vaincre en des choses légères, comment remporterez-vous des victoires plus difficiles ? Résistez dès le commencement à votre inclination, rompez sans aucun retard toute habitude mauvaise, de peur que peu à peu elle ne vous engage dans de plus grandes difficultés. Oh ! si vous considériez quelle paix ce serait pour vous, quelle joie pour les autres, en vivant comme vous le devez, vous auriez, je crois, plus d’ardeur pour votre avancement spirituel.
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L'imitation de Jésus Christ Livre Premier - chapitre 12

Message par debora le Mer 7 Mai - 6:19

12. De l’avantage de l’adversité

Il nous est bon d’avoir quelquefois des peines et des traverses, parce que souvent elles rappellent l’homme à son cœur, et lui font sentir qu’il est en exil, et qu’il ne doit mettre son espérance en aucune chose du monde. Il nous est bon de souffrir quelquefois des contradictions, et qu’on pense mal ou peu favorablement de nous, quelques bonnes que soient nos actions et nos intentions. Souvent cela sert à nous prémunir contre la vaine gloire. Car nous avons plus d’empressement à chercher Dieu, qui voit le fond du cœur, quand les hommes au-dehors nous rabaissent et pensent mal de nous. C’est pourquoi l’homme devrait s’affermir tellement en Dieu, qu’il n’eût pas besoin de chercher tant de consolations humaines. Lorsque, avec une volonté droite, l’homme est troublé, tenté, affligé de mauvaises pensées, il reconnaît alors combien Dieu lui est nécessaire, et qu’il n’est capable d’aucun bien sans lui. Alors il s’attriste, il gémit, il prie à cause des maux qu’il souffre. Alors il s’ennuie de vivre plus longtemps, et il souhaite que la mort arrive, afin que, délivré de ses liens, il soit avec Jésus-Christ. Alors aussi il comprend bien qu’une sécurité parfaite, une pleine paix, ne sont point de ce monde.
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L'imitation de Jésus-Christ Livre Premier Chap. 13

Message par debora le Jeu 8 Mai - 8:09

13. De la résistance aux tentations

Tant que nous vivons ici-bas, nous ne pouvons être exempts de tribulations et d’épreuves. C’est pourquoi il est écrit au livre de Job : La tentation est la vie de l’homme sur la terre. Chacun devrait donc être toujours en garde contre les tentations qui l’assiègent, et veiller et prier pour ne point laisser lieu aux surprises du démon, qui ne dort jamais, et qui tourne de tous côtés, cherchant quelqu’un pour le dévorer. Il n’est point d’homme si parfait et si saint qui n’ait quelquefois des tentations, et nous ne pouvons en être entièrement affranchis. Mais, quoique importunes et pénibles, elles ne laissent pas d’être souvent très utiles à l’homme parce qu’elles l’humilient, le purifient et l’instruisent. Tous les saints ont passé par beaucoup de tentations et de souffrances, et c’est par cette voie qu’ils ont avancé ; mais ceux qui n’ont pu soutenir ces épreuves, Dieu les a réprouvés, et ils ont défailli dans la route du salut. Il n’y a point d’ordre si saint, ni de lieu si secret, où l’on ne trouve des peines et des tentations. L’homme, tant qu’il vit, n’est jamais entièrement à l’abri des tentations, car nous en portons le germe en nous, à cause de la concupiscence dans laquelle nous sommes nés. L’une succède à l’autre ; et nous aurons toujours quelque chose à souffrir, parce que nous avons perdu le bien et la félicité primitive. Plusieurs cherchent à fuir pour n’être point tentés, et ils y tombent plus gravement. Il ne suffit pas de fuir pour vaincre, mais la patience et la véritable humilité nous rendent plus fort que tous nos ennemis. Celui qui, sans arracher la racine du mal, évite seulement les occasions extérieures, avancera peu ; au contraire, les tentations reviennent à lui plus promptement et plus violentes. Vous vaincrez plus sûrement peu à peu et par une longue patience, aidé du secours de Dieu, que par une rude et inquiète opiniâtreté. Prenez souvent conseil dans la tentation, et ne traitez point durement celui qui est tenté, mais secourez-le comme vous voudriez qu’on vous secourût vous-même. Le commencement de toutes les tentations est l’inconstance de l’esprit et le peu de confiance en Dieu. Car, comme un vaisseau sans gouvernail est poussé çà et là par les flots, ainsi l’homme faible et changeant qui abandonne ses résolutions est agité par des tentations diverses. Le feu éprouve le fer, et la tentation, l’homme juste. Nous ne savons souvent ce que nous pouvons, mais la tentation montre ce que nous sommes. Il faut veiller cependant, surtout au commencement de la tentation, car on triomphe beaucoup plus facilement de l’ennemi, si on ne le laisse point pénétrer dans l’âme, et si on le repousse à l’instant même où il se présente pour entrer. C’est ce qui a fait dire à un ancien : Arrêtez le mal dès son origine ; le remède vient trop tard quand le mal s’est accru par de longs délais. D’abord une simple pensée s’offre à l’esprit, puis une vive imagination, ensuite le plaisir et le mouvement déréglé, et le consentement. Ainsi peu à peu l’ennemi envahit toute l’âme, lorsqu’on ne lui résiste pas dès le commencement. Plus on met de retard et de langueur à le repousser, plus on s’affaiblit chaque jour, et plus l’ennemi devient fort contre nous. Plusieurs sont affligés de tentations plus violentes au commencement de leur conversion ; d’autres, à la fin ; il y en a qui souffrent presque toute leur vie. Quelques-uns sont tentés assez légèrement, selon l’ordre de la sagesse et de la justice de Dieu qui connaît l’état des hommes, pèse leurs mérites, et dispose tout pour le salut de ses élus. C’est pourquoi, quand nous sommes tentés, nous ne devons point perdre l’espérance, mais prier Dieu avec plus de ferveur, afin qu’il daigne nous secourir dans toutes nos tribulations ; car, selon la parole de l’Apôtre, il nous fera tirer avantage de la tentation même, de sorte que nous puissions la surmonter. Humilions donc nos âmes sous la main de Dieu, dans toutes nos tentations, dans toutes nos peines, parce qu’il sauvera et relèvera les humbles d’esprit. Dans les tentations et les traverses, on reconnaît combien l’homme a fait de progrès. Le mérite est plus grand, et la vertu paraît davantage. Il est peu difficile d’être pieux et fervent lorsque l’on n’éprouve rien de pénible ; mais celui qui se soutient avec patience au temps de l’adversité donne l’espoir d’un grand avancement. Quelques-uns surmontent les grandes tentations et succombent tous les jours aux petites, afin qu’humiliés d’être si faibles dans les moindres occasions, ils ne présument jamais d’eux-mêmes dans les grandes.
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L'imitation de Jésus-Christ Livre Premier Chap. 14

Message par debora le Ven 9 Mai - 7:14

14. Eviter les jugements téméraires, et ne se point rechercher soi-même

Tournez les yeux sur vous-même, et gardez-vous de juger les actions des autres. En jugeant les autres, l’homme se fatigue vainement ; il se trompe le plus souvent, et commet beaucoup de fautes ; mais en s’examinant et se jugeant lui-même, il travaille toujours avec fruit. D’ordinaire nous jugeons les choses selon l’inclination de notre cœur, car l’amour-propre altère aisément en nous la droiture du jugement. Si nous n’avions jamais en vue que Dieu seul, nous serions moins troublés quand on résiste à notre sentiment. Mais souvent il y a quelque chose hors de nous, ou de caché en nous, qui nous entraîne. Plusieurs se recherchent secrètement eux-mêmes dans ce qu’ils font, et ils l’ignorent. Ils semblent affermis dans la paix lorsque tout va selon leurs désirs ; mais éprouvent-ils des contradictions, aussitôt ils s’émeuvent et tombent dans la tristesse. La diversité des opinions produit souvent des discussions entre les citoyens, et même entre les religieux et les personnes dévotes. On quitte difficilement une vieille habitude, et nul ne se laisse volontiers conduire au-delà de ce qu’il voit. Si vous vous appuyez sur votre esprit et sur votre pénétration plus que sur la soumission dont Jésus-Christ nous a donné l’exemple, vous serez très peu et très tard éclairé sur la vie spirituelle : car Dieu veut que nous lui soyons parfaitement soumis, et que nous nous élevions au-dessus de toute raison par un ardent amour.
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L'imitation de Jésus Christ Livre Premier - chapitre 15

Message par debora le Sam 10 Mai - 7:26

15. Des œuvres de charité

Pour nulle chose au monde ni pour l’amour d’aucun homme, on ne doit faire le moindre mal ; on peut quelquefois cependant, pour rendre un service dans le besoin, différer une bonne œuvre ou lui en substituer une meilleure ; car alors le bien n’est pas détruit mais il se change en un plus grand. Aucune œuvre extérieure ne sert sans la charité ; mais tout ce qui est fait par la charité, quelque petit ou quelque vil qu’il soit, produit des fruits abondants. Car Dieu regarde moins à l’action qu’au motif qui fait agir. Celui-là fait beaucoup qui aime beaucoup. Celui-là fait beaucoup, qui fait bien ce qu’il fait, et il fait bien lorsqu’il subordonne sa volonté à l’utilité publique. Ce qu’on prend pour la charité souvent n’est que la convoitise ; car il est rare que l’inclination, la volonté propre, l’espoir de la récompense ou la vue de quelque avantage particulier n’influe pas sur nos actions. Celui qui possède la charité véritable et parfaite ne se recherche en rien ; mais son unique désir est que la gloire de Dieu s’opère en toutes choses. Il ne porte envie à personne, parce qu’il ne souhaite aucune faveur particulière, ne met point sa joie en lui-même, et que, dédaignant tous les autres biens, il ne cherche qu’en Dieu son bonheur. Il n’attribue jamais aucun bien à la créature ; il les rapporte tous à Dieu, de qui ils découlent comme de leur source, et dans la jouissance duquel tous les saints se reposent à jamais comme dans leur fin dernière. Oh ! qui aurait une étincelle de la vraie charité, que toutes les choses de la terre lui paraîtraient vaines !
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - chapitre 16

Message par debora le Dim 11 Mai - 7:35

16. Qu’il faut supporter les défauts d’autrui

Ce que l’homme ne peut corriger en soi ou dans les autres, il doit le supporter avec patience, jusqu’à ce que Dieu en ordonne autrement. Songez qu’il est peut-être mieux qu’il en soit ainsi, pour vous éprouver dans la patience, sans laquelle nos mérites sont peu de chose. Vous devez cependant prier Dieu de vous aider à vaincre ces obstacles, ou à les supporter avec douceur. Si quelqu’un, averti une ou deux fois, ne se rend point, ne contestez point avec lui ; mais confiez tout à Dieu, qui sait tirer le bien du mal, afin que sa volonté s’accomplisse et qu’il soit glorifié dans tous ses serviteurs. Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quelles qu’ils soient, parce qu’il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à supporter. Si vous ne pouvez vous rendre tel que vous voudriez, comment pourrez-vous faire que les autres soient selon votre gré ? Nous aimons que les autres soient exempts de défauts, et nous ne corrigeons point les nôtres. Nous voulons qu’on reprenne les autres sévèrement, et nous ne voulons pas être repris nous-mêmes. Nous sommes choqués qu’on leur laisse une trop grande liberté, et nous ne voulons pas qu’on nous refuse rien. Nous voulons qu’on les retienne par des règlements, et nous ne souffrons pas qu’on nous contraigne en la moindre chose. Par-là on voit clairement combien il est rare que nous usions de la même mesure pour nous et pour les autres. Si tous étaient parfaits, qu’aurions-nous de leur part à souffrir pour Dieu ? Or Dieu l’a ainsi ordonné afin que nous apprenions à porter le fardeau les uns des autres, car chacun a son fardeau ; personne n’est sans défauts, nul ne se suffit à soi-même ; nul n’est assez sage pour se conduire seul ; mais il faut nous supporter, nous consoler, nous aider, nous instruire, nous avertir mutuellement. C’est dans l’adversité qu’on voit le mieux ce que chacun a de vertus. Car les occasions ne rendent pas l’homme fragile, mais elles montrent ce qu’il est.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - chapitre 17

Message par debora le Lun 12 Mai - 11:10

17. De la vie religieuse

Il faut que vous appreniez à vous briser en beaucoup de choses, si vous voulez conserver la paix et la concorde avec les autres. Ce n’est pas peu de chose de vivre dans un monastère ou dans une congrégation, de n’y être jamais une occasion de plainte et d’y persévérer fidèlement jusqu’à la mort. Heureux celui qui, après une vie sainte, y a heureusement consommé sa course ! Si vous voulez être affermi et croître dans la vertu, regardez-vous comme exilé et comme étranger sur la terre. Il faut, pour l’amour de Jésus-Christ, devenir insensé selon le monde, si vous voulez vivre en religieux. L’habit et la tonsure servent peu ; c’est le changement de mœurs et la mortification entière des passions qui font le vrai religieux. Celui qui cherche autre chose que Dieu seul et le salut de son âme ne trouvera que tribulation et douleur. Celui-là ne saurait non plus demeurer longtemps en paix qui ne s’efforce point d’être le dernier de tous et soumis à tous. Vous êtes venus pour servir et non pour dominer ; sachez que vous êtes appelés pour souffrir et pour travailler, et non pour discourir dans une vaine oisiveté. Ici donc les hommes sont éprouvés, comme l’or dans la fournaise. Ici nul ne peut vivre s’il ne veut s’humilier de tout son cœur à la cause de Dieu.
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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - chapitre 18

Message par debora le Mar 13 Mai - 7:00

18. De l’exemple des saints

Contemplez les exemples des saints Pères, en qui reluisait la vraie perfection de la vie religieuse, et vous verrez combien peu est ce que nous faisons, et presque rien. Hélas ! qu’est-ce que notre vie comparée à la leur ? Les saints et les amis de Jésus-Christ ont servi Dieu dans la faim et dans la soif, dans le froid et dans la nudité, dans le travail et dans la fatigue, dans les veilles et dans les jeûnes, dans les prières et dans les saintes méditations, dans une infinité de persécutions et d’opprobres. Oh ! que de pesantes tribulations ont souffertes les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges et tous ceux qui ont voulu suivre les traces de Jésus-Christ ! Ils ont haï leur âme en ce monde, pour la posséder dans l’éternité. Oh ! quelle vie de renoncements et d’austérités, que celle des saints dans le désert ! quelles longues et dures tentations ils ont essuyées ! que de fois ils ont été tourmentés par l’ennemi ! que de fréquentes et ferventes prières ils ont offertes à Dieu ! quelles rigoureuses abstinences ils ont pratiquées ! quel zèle, quelle ardeur pour leur avancement spirituel ! quelle forte guerre contre leurs passions ! quelle intention pure et droite toujours dirigée vers Dieu ! Ils travaillaient pendant le jour, et passaient la nuit en prière ; et même durant le travail, ils ne cessaient point de prier en esprit. Tout leur temps avait un emploi utile. Les heures qu’ils donnaient à Dieu leur semblaient courtes, et ils trouvaient tant de douceur dans la contemplation, qu’ils en oubliaient les besoins du corps. Ils renonçaient aux richesses, aux dignités, aux honneurs, à leurs amis, à leurs parents ; ils ne voulaient rien du monde ; ils prenaient à peine ce qui était nécessaire pour la vie ; s’occuper du corps, même dans la nécessité, leur était une affliction. Ils étaient pauvres des choses de la terre, mais ils étaient riches en grâce et en vertus. Au-dehors tout leur manquait, mais Dieu les fortifiait au-dedans par sa grâce et par ses consolations. Ils étaient étrangers au monde, mais unis à Dieu et à ses amis familiers. Ils se regardaient comme un pur néant, et le monde les méprisait ; mais ils étaient chéris de Dieu, et précieux devant lui. Ils vivaient dans une sincère humilité, dans une obéissance simple, dans la charité, dans la patience, et devenaient ainsi chaque jour plus parfaits et plus agréables à Dieu. Ils ont été donnés en exemple à tous ceux qui professent la vraie religion, et ils doivent nous exciter plus à avancer dans la perfection, que la multitude des tièdes ne nous porte au relâchement. Oh ! quelle ferveur en tous les religieux au commencement de leur sainte institution ! quelle ardeur pour la prière ! quelle émulation de vertu ! quelle sévère discipline ! que de soumission ils montraient tous pour la règle de leur fondateur ! Ce qui nous reste d’eux atteste encore la sainteté et la perfection de ces hommes qui, en combattant généreusement, foulèrent aux pieds le monde. Aujourd’hui on compte pour beaucoup qu’un religieux ne viole point sa règle, et qu’il porte patiemment le joug dont il s’est chargé. O tiédeur, ô négligence de notre état qui a si vite éteint parmi nous l’ancienne ferveur ! Maintenant tout fatigue notre lâcheté, jusqu’à nous rendre la vie ennuyeuse. Plût à Dieu qu’après avoir vu tant d’exemples d’homme vraiment pieux, vous ne laissiez pas entièrement s’assoupir en vous le désir d’avancer dans la vertu !
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)


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L'imitation de Jésus-Christ - Livre Premier - chapitre 19

Message par debora le Mer 14 Mai - 6:26

19. Des exercices d’un bon religieux

La vie d’un vrai religieux doit briller de toutes les vertus, de sorte qu’il soit tel intérieurement qu’il paraît devant les hommes. Et certes il doit être encore bien plus parfait au-dedans qu’il ne le semble au-dehors, parce que Dieu nous regarde, et que nous devons partout où nous sommes le révérer profondément et marcher en sa présence purs comme des anges. Nous devons chaque jour renouveler notre résolution, nous exciter à la ferveur, comme si notre conversion commençait aujourd’hui seulement, et dire : Aidez-moi, Seigneur, dans mes saintes résolutions et dans votre service ; donnez-moi de bien commencer maintenant car ce que j’ai fait jusqu’ici n’est rien. La fermeté de notre résolution est la mesure de notre progrès, et une grande attention est nécessaire à celui qui veut avancer. Si celui qui forme les résolutions les plus fortes se relâche souvent, que sera-ce de celui qui n’en prend que rarement ou n’en prend que de faibles ? Toutefois nous abandonnons nos résolutions de diverses manières et la moindre omission dans nos exercices a presque toujours une suite fâcheuse. Les justes, dans leurs résolutions, comptent bien plus sur la grâce de Dieu que sur leur propre sagesse ; et quelque chose qu’ils entreprennent, c’est en lui seul qu’ils mettent leur confiance. Car l’homme propose et Dieu dispose, et la voie de l’homme n’est pas en lui. Si nous omettons quelquefois nos exercices ordinaires par quelque motif pieux ou pour l’utilité de nos frères, il nous sera facile ensuite de réparer cette omission. Mais si nous les abandonnons sans sujet, par ennui ou par négligence, c’est une faute grave et qui nous sera funeste. Faisons tous nos efforts, et nous tomberons encore aisément en beaucoup de fautes. On doit cependant toujours se proposer quelque chose de fixe, surtout à l’égard de ce qui forme le plus grand obstacle à notre avancement. Il faut examiner et régler également notre intérieur et notre extérieur, parce que l’un et l’autre servent à nos progrès. Ne pouvez-vous continuellement vous recueillir, recueillez-vous au moins de temps en temps, au moins une fois le jour, le matin ou le soir. Le matin, formez vos résolutions ; le soir, examinez votre conduite, ce que vous avez été dans vos paroles, vos actions, vos pensées ; car peut-être en cela avez-vous souvent offensé Dieu et le prochain. Tel qu’un soldat plein de courage, armez-vous contre les attaques du démon. Réprimez l’intempérance, et vous réprimerez plus aisément les autres désirs de la chair. Ne soyez jamais tout à fait oisif, mais lisez, ou écrivez, ou priez, ou méditez, ou travaillez à quelque chose d’utile à la communauté. Il ne faut cependant s’appliquer qu’avec discrétion aux exercices du corps, et ils ne conviennent pas également à tous. Ce qui sort des pratiques communes ne doit point paraître au-dehors ; il est plus sûr de remplir en secret ses exercices particuliers. Prenez garde cependant de négliger les exercices communs pour ceux de votre choix. Mais après avoir accompli fidèlement et pleinement les devoirs prescrits, s’il vous reste du temps, rendez-vous à vous-même selon le mouvement de votre dévotion. Tous ne sauraient suivre les mêmes exercices : l’un convient mieux à celui-ci, l’autre à celui-là. On aime même à les diversifier selon les temps ; il y en a qu’on goûte plus aux jours de fêtes, et d’autres aux jours ordinaires. Les uns nous sont nécessaires au temps de la tentation, les autres au temps de la paix et du repos. Autres sont les pensées qui nous plaisent dans la tristesse, ou quand nous éprouvons de la joie en Dieu. Il faut, vers l’époque des grandes fêtes, renouveler nos pieux exercices et implorer avec plus de ferveur les suffrages des saints. Proposons-nous de vivre d’une fête à l’autre comme si nous devions alors sortir de ce monde, et entrer dans l’éternelle fête. Et pour cela préparons-nous avec soin dans ces saints temps par une vie plus pieuse, par une plus sévère observance des règles, comme devant bientôt recevoir de Dieu le prix de notre travail. Et si ce moment est différé, croyons que nous ne sommes pas encore bien préparés ni dignes de cette gloire immense qui nous sera découverte en son temps, et redoublons d’efforts pour nous mieux disposer à ce passage. Heureux le serviteur, dit Saint Luc, que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant. Je vous dis en vérité qu’il l’établira sur tous ses biens.
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)


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