Martin Luther

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Martin Luther

Message par debora le Dim 9 Mar - 20:31

Martin Luther (1483-1546)

Luther est considéré comme le premier des réformateurs religieux du XVIe siècle. L'Église luthérienne, qui compte aujourd'hui 70 millions de membres à travers le monde, se réclame de lui mais aussi l'ensemble du Protestantisme.
Né en Allemagne (Eisleben) en 1483, Martin Luther se destine à une carrière de juriste. Mais lors d'un terrible orage où la foudre tombe à deux pas de lui, il fait le vœu de devenir moine.

Il entre en 1505 au couvent des Augustins d'Erfurt où il devient un moine exemplaire. Ses qualités intellectuelles sont vite remarquées. Il poursuit des études de théologie et devient « docteur en théologie ». Il est un des brillants professeurs de l'université de Wittenberg où il explique et commente la Bible (psaumes et épîtres de Paul en particulier).

C'est en étudiant l'épître de Paul aux Romains qu'il acquiert la conviction que tout homme est sauvé par l'amour gratuit de Dieu. Il en déduit que la vente des indulgences est contraire à l'enseignement de la Bible. Il placarde 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l'église de Wittenberg en 1517. Ces thèses vont enflammer l'Allemagne puis l'Europe.

La rupture avec Rome

Le pape tente par tous les moyens de soumettre Luther. Après trois ans de procès, le pape l'excommunie. Mais Luther brûle solennellement le 15 juin 1520 la bulle du pape qui l'excommunie.

L'empereur Charles Quint convoque Luther devant la diète de Worms en 1521 mais celui-ci refuse de se rétracter : « Je ne puis, ni ne veux rien rétracter car il n'est ni sûr ni salutaire d'agir contre sa conscience ». Il fonde ainsi le protestantisme sur la liberté de conscience et non plus sur l'appartenance à l'Église.

Luther, traducteur de la Bible et théologien


Réfugié chez le prince électeur de Saxe au château de la Wartburg, il entreprend la traduction de la Bible en allemand. Cette traduction parue en 1534, d'une rare beauté, contribue à fixer la langue allemande.

Protégé par le prince Frédéric de Saxe, il revient à Wittenberg, se marie et devient père de 6 enfants.

Il continue à enseigner à l'université et à écrire de nombreux ouvrages de théologie pour défendre ses positions. Il lutte contre les catholiques d'une part et d'autre part contre ceux qui veulent aller plus loin dans la liberté politique (guerre des paysans) et dans la Réforme radicale (anabaptistes, illuminés...).

Ses écrits sont diffusés dans toute l'Europe.

La réforme luthérienne, plus spécifiquement allemande et nordique, a préparé la Réforme en France inspirée notamment par Jean Calvin.

Sa doctrine

La « justification par la grâce seule », ou par « la foi seule » : radicalement pécheur, l'homme est justifié, c'est-à-dire rendu juste, pardonné, donc sauvé, à cause du Christ crucifié, par sa foi au Christ (cf. épître de Paul aux Romains). Cette foi-confiance est elle-même un don gratuit de Dieu. Le chrétien est libéré de la logique rémunératrice des (bonnes) œuvres et des pratiques méritoires.

L'Écriture seule autorité pour le chrétien : la parole de Dieu, c'est-à-dire l'Évangile de Jésus-Christ, que porte l'Écriture biblique, est au-dessus de toute norme de l'Église, fût-elle proclamée par un pape ou un concile. Accessible à tous les croyants, la Parole de l'Écriture ne peut être confisquée ou contrôlée par les clercs.

Le « sacerdoce universel » de tous les baptisés : « nous sommes tous prêtres » : il n'y a pas de différence de dignité, pas de hiérarchie sacrée entre clercs et laïcs, puisque tous ont égal accès à Dieu. Il n'existe que des différences de fonction entre les chrétiens : ceux-ci exercent des métiers différents, « prince ou savetier ou pasteur, tous au service les uns des autres, comme les membres d'un même corps dont le seul chef est le Christ. »

Les sacrements : signes visibles de la grâce de Dieu institués par le Christ. Cette définition empruntée à saint Augustin conduit Luther à ne retenir comme sacrements que le baptême et l'eucharistie (mais non la pénitence, la confirmation, le mariage, l'ordination et l'extrême-onction) et à comprendre le sacrement comme promesse de grâce reçue par la foi (et non plus comme un acte opérant par lui-même le salut).

Une telle compréhension du sacrement bouleverse la doctrine et la pratique traditionnelles de l'eucharistie :

* elle exclut toute idée de la « messe » comme sacrifice offert par les prêtres pour le salut des vivants et des morts ;
* si la promesse de grâce reçue par la foi est constitutive du sacrement, il faut que la Parole soit clairement entendue de tout le peuple : la « messe » ou l'office doit être en langue vulgaire, non en latin ;
* la référence du sacrement aux paroles de son institution par le Christ - « Buvez-en tous » - conduit à une communion pour tout le peuple sous « les deux espèces » : le pain et le vin.


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