La culpabilité
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La culpabilité
Source : http://www.lepsychologue.be/
La culpabilité est un sentiment que nous ressentons tous (ou presque, comme nous le verrons).
Très complexe, le sentiment de culpabilité est inhérent à notre humanité, bien qu'il se rencontre plus facilement dans certaines cultures (dont la nôtre) que dans d'autres.
Surtout, le sentiment de culpabilité se situe au cœur de notre organisation sociale, de nos rapports aux autres et à notre groupe. Il n'est pas automatiquement pathologique ou morbide de ressentir de la culpabilité. Au contraire... Heureusement que la culpabilité est présente en nous !
Mais parfois, la voilà qui nous envahit un peu trop..
La culpabilité en tant que sentiment normal et sain
Heureusement que nous nous sentons coupable ? Oui ! Absolument ! Il s'agit d'une "saine culpabilité" ressentie lorsque nous avons conscience d'avoir transgressé certaines de nos valeurs. J'utilise les termes "culpabilité saine" pour indiquer qu'il s'agit d'une indication de bonne santé. Pouvoir reconnaître que nous avons mal agi, que nous avons blessé ou heurté quelqu'un est une qualité. Pas un défaut ou un symptôme morbide. On peut parler de culpabilité empathique (empathie: capacité à se mettre à la place d'autrui, de ce qu'il vit ou ressent). Nous pouvons alors demander pardon, ou réparer notre erreur. Il s'agit d'une compétence typiquement humaine!
Très souvent aussi, la culpabilité est anticipative; nous planifions une action pas très honnête, ou, par exemple, nous suivons dans la rue une personne qui perd un billet de 50 EUROS, et sommes guidés (ou pas) par un sentiment de culpabilité AVANT d'avoir pris notre décision et commis l'acte (je ramasse discrètement le billet, ou j'avertis la personne qu'elle l'a perdu ??).
Une non-culpabilité pathologique
Pour aller dans le sens de ce que je viens d'affirmer ci-dessus, il existe des profils de personnes ne ressentant que très peu voire aucune culpabilité. Je fais référence aux psychopathes principalement, mais également à certains pervers.
Il s'agit en fait de personnes n'ayant, dans les cas extrêmes, aucune conscience d'autrui. Ils sont capables d'actes extrêmement graves (agressions, viols, tortures, meurtres) sans que cela ne leur cause le moindre cas de conscience. Parmi les principales caractéritiques de ces inquiétants psychopathes: ne ressentent pas de culpabilité et d'empathie.
Culpabilité et contrôle social
Sans un minimum d'ordre ou de contrôle social (en tant que "prédominance du groupe sur l'individu"), nous vivrions dans le chaos. Toutefois, notre société, depuis plusieurs siècles, a développé un système de contrôle social internalisé. Notre éducation nous a progressivement appris à nous sentir libres et responsables de nos actes. Mais cette vision des choses ne peut pas être sans compensation ou équilibre: libres voulant donc également signifier responsables de nos actes et donc coupables en cas d'infraction.
Est-ce là le seul système de contrôle : un système internalisé ? Non bien sûr. Et en effet: si la culpabilité internalisée n'est pas apte à gérer les comportements d'une personne, les systèmes de contrôle externe devront prendre le relais. Le groupe, la collectivité intervenant à l'encontre de l'individu, pour le ramener à la norme sociale ou l'écarter du groupe. Cette intervention sera exercée par les systèmes de contrôle cœrcitifs: policiers ou judiciaires. La justice, dans certains cas, devant au préalable s'assurer qu'un individu est bien.... responsable de ses actes. La principale préoccupation des psychopathes (dont je parlais ci-dessus) étant... de prendre et de ne pas se faire prendre.
La culpabilité pathologique ou morbide
Si la culpabilité ne peut pas être considérée a priori comme anormale (voir article sur la culpabilité normale), il est des situations où la culpabilité devient pathologique.
Un fait unique et ancien qu'on ne digère pas
Un fait assez ancien parfois, que nous regrettons profondément, continue, plusieurs années plus tard, à nous rendre très coupables. Il est recommandé à ce moment de pouvoir aller en parler (pourquoi pas avec un psy) et trouver les solutions pour pouvoir archiver le comportement ou la pensée que nous avons eue. Il s'agit d'une situation de réconciliation avec soi-même ("j'accepte d'avoir fait telle chose"). Mais encore une fois: il s'agira parfois de réconciliation avec quelqu'un (voir partie précédente de l'article: la culpabilité normale).
Culpabilité dans les petits faits du quotidien
Des questions doivent commencer à être posées si vous retrouvez très (trop) régulièrement la culpabilité comme façon d'être en contact avec autrui en général. Si vous rentrez tous les soirs du boulot en repensant à une dizaine de choses qui vous avez pu dire ou faire et à la peine que cela a pu créer chez autrui, quelque chose ne va pas !
Ce type de culpabilité pollue véritablement les relations avec les autres, par anticipation également: peur de dire ce que l'on pense car cela va blesser, par exemple.
Ici, un travail d'enquête et de remédiation s'impose. On ira voir du côté de l'enfance et de l'éducation; souvent en effet, la culpabilité est utilisée comme moyen d'interaction principal, comme moyen de pression ou de punition ou de contrôle dans certaines familles dysfonctionnantes.
Culpabilité et manipulation
Certains, volontairement ou de façon plus instinctive ou inconsciente, sont des champions de la manipulation par la culpabilité. Ces personnes ont un véritable talent pour faire levier, de façon pathologique, sur notre culpabilité normale.
Si la majorité d'entre nous est relativement préparée à réagir sereinement à ce type de manipulation (exemple: "tu n'as pas fait ce que je t'avais demandé et cela me déçoit beaucoup"...), d'autres se retrouvent confrontés (sans bien comprendre ce qui leur arrive) à des sentiments de culpabilité qu'ils ne maîtrisent pas.
Il faudra repérer la situation de manipulation, apprendre à y répondre, mais aussi se questionner un peu sur l'enracinement en nous de ces sentiments impertinents
Auteur: Jérôme Vermeulen, psychologue
La culpabilité est un sentiment que nous ressentons tous (ou presque, comme nous le verrons).
Très complexe, le sentiment de culpabilité est inhérent à notre humanité, bien qu'il se rencontre plus facilement dans certaines cultures (dont la nôtre) que dans d'autres.
Surtout, le sentiment de culpabilité se situe au cœur de notre organisation sociale, de nos rapports aux autres et à notre groupe. Il n'est pas automatiquement pathologique ou morbide de ressentir de la culpabilité. Au contraire... Heureusement que la culpabilité est présente en nous !
Mais parfois, la voilà qui nous envahit un peu trop..
La culpabilité en tant que sentiment normal et sain
Heureusement que nous nous sentons coupable ? Oui ! Absolument ! Il s'agit d'une "saine culpabilité" ressentie lorsque nous avons conscience d'avoir transgressé certaines de nos valeurs. J'utilise les termes "culpabilité saine" pour indiquer qu'il s'agit d'une indication de bonne santé. Pouvoir reconnaître que nous avons mal agi, que nous avons blessé ou heurté quelqu'un est une qualité. Pas un défaut ou un symptôme morbide. On peut parler de culpabilité empathique (empathie: capacité à se mettre à la place d'autrui, de ce qu'il vit ou ressent). Nous pouvons alors demander pardon, ou réparer notre erreur. Il s'agit d'une compétence typiquement humaine!
Très souvent aussi, la culpabilité est anticipative; nous planifions une action pas très honnête, ou, par exemple, nous suivons dans la rue une personne qui perd un billet de 50 EUROS, et sommes guidés (ou pas) par un sentiment de culpabilité AVANT d'avoir pris notre décision et commis l'acte (je ramasse discrètement le billet, ou j'avertis la personne qu'elle l'a perdu ??).
Une non-culpabilité pathologique
Pour aller dans le sens de ce que je viens d'affirmer ci-dessus, il existe des profils de personnes ne ressentant que très peu voire aucune culpabilité. Je fais référence aux psychopathes principalement, mais également à certains pervers.
Il s'agit en fait de personnes n'ayant, dans les cas extrêmes, aucune conscience d'autrui. Ils sont capables d'actes extrêmement graves (agressions, viols, tortures, meurtres) sans que cela ne leur cause le moindre cas de conscience. Parmi les principales caractéritiques de ces inquiétants psychopathes: ne ressentent pas de culpabilité et d'empathie.
Culpabilité et contrôle social
Sans un minimum d'ordre ou de contrôle social (en tant que "prédominance du groupe sur l'individu"), nous vivrions dans le chaos. Toutefois, notre société, depuis plusieurs siècles, a développé un système de contrôle social internalisé. Notre éducation nous a progressivement appris à nous sentir libres et responsables de nos actes. Mais cette vision des choses ne peut pas être sans compensation ou équilibre: libres voulant donc également signifier responsables de nos actes et donc coupables en cas d'infraction.
Est-ce là le seul système de contrôle : un système internalisé ? Non bien sûr. Et en effet: si la culpabilité internalisée n'est pas apte à gérer les comportements d'une personne, les systèmes de contrôle externe devront prendre le relais. Le groupe, la collectivité intervenant à l'encontre de l'individu, pour le ramener à la norme sociale ou l'écarter du groupe. Cette intervention sera exercée par les systèmes de contrôle cœrcitifs: policiers ou judiciaires. La justice, dans certains cas, devant au préalable s'assurer qu'un individu est bien.... responsable de ses actes. La principale préoccupation des psychopathes (dont je parlais ci-dessus) étant... de prendre et de ne pas se faire prendre.
La culpabilité pathologique ou morbide
Si la culpabilité ne peut pas être considérée a priori comme anormale (voir article sur la culpabilité normale), il est des situations où la culpabilité devient pathologique.
Un fait unique et ancien qu'on ne digère pas
Un fait assez ancien parfois, que nous regrettons profondément, continue, plusieurs années plus tard, à nous rendre très coupables. Il est recommandé à ce moment de pouvoir aller en parler (pourquoi pas avec un psy) et trouver les solutions pour pouvoir archiver le comportement ou la pensée que nous avons eue. Il s'agit d'une situation de réconciliation avec soi-même ("j'accepte d'avoir fait telle chose"). Mais encore une fois: il s'agira parfois de réconciliation avec quelqu'un (voir partie précédente de l'article: la culpabilité normale).
Culpabilité dans les petits faits du quotidien
Des questions doivent commencer à être posées si vous retrouvez très (trop) régulièrement la culpabilité comme façon d'être en contact avec autrui en général. Si vous rentrez tous les soirs du boulot en repensant à une dizaine de choses qui vous avez pu dire ou faire et à la peine que cela a pu créer chez autrui, quelque chose ne va pas !
Ce type de culpabilité pollue véritablement les relations avec les autres, par anticipation également: peur de dire ce que l'on pense car cela va blesser, par exemple.
Ici, un travail d'enquête et de remédiation s'impose. On ira voir du côté de l'enfance et de l'éducation; souvent en effet, la culpabilité est utilisée comme moyen d'interaction principal, comme moyen de pression ou de punition ou de contrôle dans certaines familles dysfonctionnantes.
Culpabilité et manipulation
Certains, volontairement ou de façon plus instinctive ou inconsciente, sont des champions de la manipulation par la culpabilité. Ces personnes ont un véritable talent pour faire levier, de façon pathologique, sur notre culpabilité normale.
Si la majorité d'entre nous est relativement préparée à réagir sereinement à ce type de manipulation (exemple: "tu n'as pas fait ce que je t'avais demandé et cela me déçoit beaucoup"...), d'autres se retrouvent confrontés (sans bien comprendre ce qui leur arrive) à des sentiments de culpabilité qu'ils ne maîtrisent pas.
Il faudra repérer la situation de manipulation, apprendre à y répondre, mais aussi se questionner un peu sur l'enracinement en nous de ces sentiments impertinents
Auteur: Jérôme Vermeulen, psychologue
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Re: La culpabilité
Source : http://www.wilkipedia.fr
Le sentiment de culpabilité ou culpabilité est une émotion relative au groupe social qui repose sur la conviction d'une responsabilité personnelle dans un événement fâcheux dans lequel on n'est pourtant pas toujours intervenu directement ou au contraire dans lequel on n'aurait pas pu intervenir. L'exemple caricatural est le malaise ressenti durablement par un enfant suite à la maladie ou décès d'un autre enfant (voire d'un parent), malaise se greffant sur le souvenir de sentiments négatifs de l'enfant à l'égard de cette personne. Il est habituel d'éprouver passagèrement un sentiment de culpabilité à l'occasion du travail de deuil d'un proche.
L'absence de fondement objectif d'ordre causal à la culpabilité peut priver celui qui est envahi par ce malaise, des possibilités de s'en déprendre comme s'il s'agissait d'une responsabilité directe ; la réparation qui permettrait une reconstruction de l'estime de soi est problématique par son caractère plus ou moins irrationnel. Le sentiment de culpabilité peut perturber durablement l'individu ; devenant un état habituel d'un motif de culpabilisation à un autre. Une psychothérapie ou une psychanalyse peut aider à accéder à une maîtrise de cette culpabilisation systématique. Ce type de culpabilité est intimement liée à la triade victime-sauveur-persécuteur.
La culpabilité n'est pas forcément lié à un événement négatif ou une action négative, elle peut aussi être ressentie dans le cas d'un manquement à une règle établie par une autorité, par une collectivité ou par le propriétaire d'un lieu, d'un territoire. Elle peut être ressentie lorsque l'on est en décalage par rapport aux valeurs de la société dans laquelle on vit. Par exemple : travailler, être marié, élever des enfants, être habillé à la mode, etc.
Sentiment de culpabilité et jugement de culpabilité
Généralement, on parle de sentiment de culpabilité quand on se sent soi-même responsable d'un événement négatif tandis qu'on parle plutôt de jugement de culpabilité quand on ressent que quelqu'un d'autre est responsable. Ces deux sentiments sont proches et ne diffèrent que par la personne qui est visée en tant que coupable. D'ailleurs, il peut y avoir un transfert de l'un à l'autre. Il se peut que quelqu'un accusé se sente coupable ou que quelqu'un se sentant coupable mette l'autre en position d'accusateur (ce qu'il refusera ou non).
On peut aussi projeter son propre sentiment de culpabilité sur les autres et se sentir soulagé de les voir comme des coupables. On peut assister ainsi à des "matchs de ping-pong" ou chaqu'un renvoye la culpabilité sur l'autre. Finalement, la culpabilité permet d'éviter de regarder l'évidence du triste événement, s'il y en a un.
Différentes sortes de culpabilité
On peut se sentir coupable d'une activité présente ou bien d'une action passé. On peut aussi se sentir coupable d'un éventuelle action future. Il se dégage donc d'un point de vue temporel plusieurs sortes de culpabilités :
une culpabilité rétrospective (j'ai commis un acte négatif ou j'ai omis de faire quelque chose)
une culpabilité actuelle (je suis en train de faire quelque chose de mal)
une culpabilité d'anticipation (je vais faire quelque chose à l'encontre de l'intérêt des autres)
On peut se sentir coupable de faire quelque chose, mais aussi de ne pas faire quelque chose. Il y a donc une culpabilité de l'action et une culpabilité de l'inaction. Dans ce dernier cas, la culpabilité se définit moins par rapport à un acte que par rapport à des conséquences.
Si les conséquences sont réparables, la personne peut facilement annuler le préjudice et généralement voit bien comment le faire. Sinon, les choses sont moins évidentes. D'une certaine manière, le coupable est en dette de quelque chose. Il pourra peut-être rembourser sa dette en donnant quelque chose d'autre et ainsi compenser les conséquences négatives.
Il y a donc différents cas possibles :
les conséquences sont réparables : j'ai cassé ton stylo mais je peux le recoller
les conséquences peuvent être compensées par une autre action positive : j'ai cassé ta pelle mais je t'ai acheté un beau marteau
les conséquences ne peuvent pas être réparée ou compensée : j'ai cassé ton vase qui avait une valeur sentimentale
Culpabilité et éthologie humaine
La culpabilité est un malaise lorsque l'on va à l'encontre de l'intérêt général ou intérêt de groupe, ce malaise pouvant être justifié ou non. D'un point de vue éthologique, le sentiment de culpabilité n'a de sens que si le jugement de culpabilité est partagé par les autres membres du groupe. Il agit alors comme un régulateur social et est en équilibre avec l'égoïsme en tant qu'abus envers les autres membres du groupe.
Si les autres membres du groupe ne s'opposait pas à l'égoïsme d'un individu, l'évolution tendrait vers l'accroissement des égoïstes et la disparition des individus altruistes. En effet, les individus altruistes serait petit à petit dépouillés et leur "fitness", c'est-à-dire la statistique de leur aptitude à la survie serait inférieure aux individus égoïstes.
Ainsi, même si un individu ne ressent pas de culpabilité, il sera rappelé à l'ordre par d'autres membres du groupe. Cette réaction de jugement de culpabilité est très forte et des individus sont prêts à se mettre en danger uniquement pour faire respecter la norme du groupe, censée protéger l'intérêt général. En fin de compte, la culpabilité et l'altruisme sont deux faces d'une même chose, l'un étant vu en négatif comme un manque et l'autre en positif.
La culpabilité dans la théorie freudienne
Dette et culpabilité
En allemand le même signifiant « Schuld » désigne à la fois la dette et la culpabilité. C'est sans doute ce qui poussa, en partie, Sigmund Freud à approfondir ce lien qui éclate de façon particulièrement manifeste dans le cas célèbre d'une analyse d'un patient obsessionnel connu sous le nom de « l'Homme aux rats » paru en 1909. L'histoire de ce cas montre à quel point la névrose s'articulait de façon inextricable autour d'une dette paternelle que le patient s'ingéniait à la fois à perpétuer et à rembourser.
Freud lui même, dans une lettre à Wilhelm Fliess faisait référence en ce qui le concernait à une dette ou faute de ce type dont il voit l'origine dans la naissance d'un jeune frère qui naquit peu de temps après lui pour mourir quelques mois plus tard.
Cette dimension de la dette / culpabilité serait une caractéristique des civilisations judéo-chrétiennes alors que d'autres civilisations comme la culture grecque ou les cultures orientales seraient plutôt marquées par la question de la honte selon une problématique qui s'adresse plutôt au groupe dont on est issu.
Le sentiment « inconscient » de culpabilité Dans l'analyse d'une pièce de l'écrivain norvégien Henrik Ibsen, intitulée Rosmersholm, Freud veut montrer que les actions de l'héroïne, Rebecca, sont induites par une culpabilité liée à trois secrets. Le troisième de ces secrets est l'amour qu'elle porte à un homme dont elle ne sait pas qu'il est son père. Cette pièce que Freud appréciait beaucoup lui donnait une bonne illustration de son affirmation que la culpabilité inconsciente est toujours liée, de près ou de loin, à la situation œdipienne.
Friedrich Nietzsche décrivit un profil psychologique qu'il appela criminels par sentiment de culpabilité. Il signifia alors que certains peuvent, se sentant coupables mais sans savoir pourquoi, commettre un crime dans le seul but de donner une raison à cette culpabilité. La culpabilité n'est pas la conséquence du crime mais, paradoxalement, sa cause même : il s'agit pour le coupable de pouvoir se représenter sa faute.
Freud reprend ce modèle lorsqu'il discute la culpabilité inconsciente, indissociable du surmoi, sévère juge de la personne. Freud précise que le névrosé a bel et bien commis une faute, du moins dans son fantasme. Peut être n'y a t-il pas eu d'acte mais l'intention à la source des reproches est bien réelle, et la culpabilité n'est guère que retournement sur la personne propre de l'agressivité.
C'est également dans cette culpabilité inconsciente que Freud verrait l'origine de certains échecs de cures psychanalytiques, les patients n'arrivant pas à surmonter un « masochisme moral » qui les poussent à expier indéfiniment une faute inconsciente. En effet, la culpabilité viendrait provoquer le passage à l'acte, et pas l'inverse.
Mais qu'en est-il vraiment de cette culpabilité inconsciente ? Le modèle de l'affect semble en effet impliquer le système préconsient/conscient décrit dans la première topique, puisque le système inconscient est, selon cette approche théorique, siège de quantités pulsionnelles et non d'affects qualitatifs. Freud décide de ne pas trancher ce problème d'un affect inconscient et laisse la question ouverte. Il choisit donc une perspective descriptive, insistant sur l'évidence d'une culpabilité inconnue du Moi et pourtant génératrice de nombreuses démarches. Cette culpabilité inconsciente peut prendre des formes contradictoires : ambition dévorante par volonté de faire mieux que le père ou au contraire échecs répétés dans les entreprises pour, au contraire, épargner le père. De fait, la pratique clinique montre que toute réussite peut être rongée par un sentiment de transgression qui serait alors induite par cette culpabilité de faire mieux que son géniteur.
Culpabilité et mélancolie
Dans les années 1915-1917, Freud, dans son ouvrage « Deuil et mélancolie » montre que la psychose mélancolique s'articule autour d'un clivage inconscient chez le même sujet, à l'occasion d'un deuil. Celui-ci tient à la fois la position d'accusateur (qui s'en prend à l'objet d'amour disparu) et celui de l'accusé (qui retourne contre lui-même les reproches induits par cette disparition).
L'instance psychique qui accuse le sujet, Freud l'appelle Surmoi. Il lui donne un rôle particulièrement important dans la vie psychique. Le Surmoi trouve son embryon dans le narcissisme primaire mais il prend sa forme accomplie au moment du complexe d'Œdipe. Il peut alors jouer un rôle stimulant pour le sujet mais il risque également de « s'emballer » et de conduire celui-ci à retourner contre lui-même ses pulsions agressives. Ceci est particulièrement visible dans la névrose obsessionnelle et plus encore dans la mélancolie.
La notion de culpabilité collective
La question de la culpabilité collective est également analysée par Freud dans plusieurs de ses textes. Elle apparaît de manière flagrante dans la démarche religieuse et dans les mythes de nombreuses cultures.
La religion se fonde souvent sur le principe d'une faute dont les êtres humains seraient redevables à une instance divine. Dans la religion chrétienne l'apôtre Paul en fait une loi première, la « faute originelle » qui est réactualisée dans cette religion par la mise à mort du fils de Dieu.
Le bouddhisme a une approche légèrement différente. En effet d'un point de vue bouddhiste, il n'y a pas de culpabilité originelle mais un enchainement de causes et d'effets. L'ignorance de la nature véritable des choses nous pousse à perpetuer notre souffrance et pour s'en libérer, il faut se libérer de notre ignorance.
Religions abrahamiques et culpabilité
Le Christianisme, le Judaïsme font le constat de la souffrance de l'humanité, perpétuelle, semblant se répéter sans qu'elle puisse cesser. Or si le monde est juste, si Dieu est juste, cette souffrance doit pouvoir s'expliquer et c'est même qu'elle est juste. Mais qu'est-ce qu'une souffrance juste, sinon une punition ? Punition touchant tous les êtres humains, leur réponse est qu'elle est celeste. Choisie par Dieu, pour les humains, cette souffrance est alors une punition ayant pour objet le péché originel, source ultime de tous les maux de l'humanité, péchés et souffrance étant alors nécessairement deux faces d'une même chose. Etant donné l'omniprésence de la souffrance, il se dégage selon cette théologie une culpabilité énorme, universelle.
Le sentiment de culpabilité ou culpabilité est une émotion relative au groupe social qui repose sur la conviction d'une responsabilité personnelle dans un événement fâcheux dans lequel on n'est pourtant pas toujours intervenu directement ou au contraire dans lequel on n'aurait pas pu intervenir. L'exemple caricatural est le malaise ressenti durablement par un enfant suite à la maladie ou décès d'un autre enfant (voire d'un parent), malaise se greffant sur le souvenir de sentiments négatifs de l'enfant à l'égard de cette personne. Il est habituel d'éprouver passagèrement un sentiment de culpabilité à l'occasion du travail de deuil d'un proche.
L'absence de fondement objectif d'ordre causal à la culpabilité peut priver celui qui est envahi par ce malaise, des possibilités de s'en déprendre comme s'il s'agissait d'une responsabilité directe ; la réparation qui permettrait une reconstruction de l'estime de soi est problématique par son caractère plus ou moins irrationnel. Le sentiment de culpabilité peut perturber durablement l'individu ; devenant un état habituel d'un motif de culpabilisation à un autre. Une psychothérapie ou une psychanalyse peut aider à accéder à une maîtrise de cette culpabilisation systématique. Ce type de culpabilité est intimement liée à la triade victime-sauveur-persécuteur.
La culpabilité n'est pas forcément lié à un événement négatif ou une action négative, elle peut aussi être ressentie dans le cas d'un manquement à une règle établie par une autorité, par une collectivité ou par le propriétaire d'un lieu, d'un territoire. Elle peut être ressentie lorsque l'on est en décalage par rapport aux valeurs de la société dans laquelle on vit. Par exemple : travailler, être marié, élever des enfants, être habillé à la mode, etc.
Sentiment de culpabilité et jugement de culpabilité
Généralement, on parle de sentiment de culpabilité quand on se sent soi-même responsable d'un événement négatif tandis qu'on parle plutôt de jugement de culpabilité quand on ressent que quelqu'un d'autre est responsable. Ces deux sentiments sont proches et ne diffèrent que par la personne qui est visée en tant que coupable. D'ailleurs, il peut y avoir un transfert de l'un à l'autre. Il se peut que quelqu'un accusé se sente coupable ou que quelqu'un se sentant coupable mette l'autre en position d'accusateur (ce qu'il refusera ou non).
On peut aussi projeter son propre sentiment de culpabilité sur les autres et se sentir soulagé de les voir comme des coupables. On peut assister ainsi à des "matchs de ping-pong" ou chaqu'un renvoye la culpabilité sur l'autre. Finalement, la culpabilité permet d'éviter de regarder l'évidence du triste événement, s'il y en a un.
Différentes sortes de culpabilité
On peut se sentir coupable d'une activité présente ou bien d'une action passé. On peut aussi se sentir coupable d'un éventuelle action future. Il se dégage donc d'un point de vue temporel plusieurs sortes de culpabilités :
une culpabilité rétrospective (j'ai commis un acte négatif ou j'ai omis de faire quelque chose)
une culpabilité actuelle (je suis en train de faire quelque chose de mal)
une culpabilité d'anticipation (je vais faire quelque chose à l'encontre de l'intérêt des autres)
On peut se sentir coupable de faire quelque chose, mais aussi de ne pas faire quelque chose. Il y a donc une culpabilité de l'action et une culpabilité de l'inaction. Dans ce dernier cas, la culpabilité se définit moins par rapport à un acte que par rapport à des conséquences.
Si les conséquences sont réparables, la personne peut facilement annuler le préjudice et généralement voit bien comment le faire. Sinon, les choses sont moins évidentes. D'une certaine manière, le coupable est en dette de quelque chose. Il pourra peut-être rembourser sa dette en donnant quelque chose d'autre et ainsi compenser les conséquences négatives.
Il y a donc différents cas possibles :
les conséquences sont réparables : j'ai cassé ton stylo mais je peux le recoller
les conséquences peuvent être compensées par une autre action positive : j'ai cassé ta pelle mais je t'ai acheté un beau marteau
les conséquences ne peuvent pas être réparée ou compensée : j'ai cassé ton vase qui avait une valeur sentimentale
Culpabilité et éthologie humaine
La culpabilité est un malaise lorsque l'on va à l'encontre de l'intérêt général ou intérêt de groupe, ce malaise pouvant être justifié ou non. D'un point de vue éthologique, le sentiment de culpabilité n'a de sens que si le jugement de culpabilité est partagé par les autres membres du groupe. Il agit alors comme un régulateur social et est en équilibre avec l'égoïsme en tant qu'abus envers les autres membres du groupe.
Si les autres membres du groupe ne s'opposait pas à l'égoïsme d'un individu, l'évolution tendrait vers l'accroissement des égoïstes et la disparition des individus altruistes. En effet, les individus altruistes serait petit à petit dépouillés et leur "fitness", c'est-à-dire la statistique de leur aptitude à la survie serait inférieure aux individus égoïstes.
Ainsi, même si un individu ne ressent pas de culpabilité, il sera rappelé à l'ordre par d'autres membres du groupe. Cette réaction de jugement de culpabilité est très forte et des individus sont prêts à se mettre en danger uniquement pour faire respecter la norme du groupe, censée protéger l'intérêt général. En fin de compte, la culpabilité et l'altruisme sont deux faces d'une même chose, l'un étant vu en négatif comme un manque et l'autre en positif.
La culpabilité dans la théorie freudienne
Dette et culpabilité
En allemand le même signifiant « Schuld » désigne à la fois la dette et la culpabilité. C'est sans doute ce qui poussa, en partie, Sigmund Freud à approfondir ce lien qui éclate de façon particulièrement manifeste dans le cas célèbre d'une analyse d'un patient obsessionnel connu sous le nom de « l'Homme aux rats » paru en 1909. L'histoire de ce cas montre à quel point la névrose s'articulait de façon inextricable autour d'une dette paternelle que le patient s'ingéniait à la fois à perpétuer et à rembourser.
Freud lui même, dans une lettre à Wilhelm Fliess faisait référence en ce qui le concernait à une dette ou faute de ce type dont il voit l'origine dans la naissance d'un jeune frère qui naquit peu de temps après lui pour mourir quelques mois plus tard.
Cette dimension de la dette / culpabilité serait une caractéristique des civilisations judéo-chrétiennes alors que d'autres civilisations comme la culture grecque ou les cultures orientales seraient plutôt marquées par la question de la honte selon une problématique qui s'adresse plutôt au groupe dont on est issu.
Le sentiment « inconscient » de culpabilité Dans l'analyse d'une pièce de l'écrivain norvégien Henrik Ibsen, intitulée Rosmersholm, Freud veut montrer que les actions de l'héroïne, Rebecca, sont induites par une culpabilité liée à trois secrets. Le troisième de ces secrets est l'amour qu'elle porte à un homme dont elle ne sait pas qu'il est son père. Cette pièce que Freud appréciait beaucoup lui donnait une bonne illustration de son affirmation que la culpabilité inconsciente est toujours liée, de près ou de loin, à la situation œdipienne.
Friedrich Nietzsche décrivit un profil psychologique qu'il appela criminels par sentiment de culpabilité. Il signifia alors que certains peuvent, se sentant coupables mais sans savoir pourquoi, commettre un crime dans le seul but de donner une raison à cette culpabilité. La culpabilité n'est pas la conséquence du crime mais, paradoxalement, sa cause même : il s'agit pour le coupable de pouvoir se représenter sa faute.
Freud reprend ce modèle lorsqu'il discute la culpabilité inconsciente, indissociable du surmoi, sévère juge de la personne. Freud précise que le névrosé a bel et bien commis une faute, du moins dans son fantasme. Peut être n'y a t-il pas eu d'acte mais l'intention à la source des reproches est bien réelle, et la culpabilité n'est guère que retournement sur la personne propre de l'agressivité.
C'est également dans cette culpabilité inconsciente que Freud verrait l'origine de certains échecs de cures psychanalytiques, les patients n'arrivant pas à surmonter un « masochisme moral » qui les poussent à expier indéfiniment une faute inconsciente. En effet, la culpabilité viendrait provoquer le passage à l'acte, et pas l'inverse.
Mais qu'en est-il vraiment de cette culpabilité inconsciente ? Le modèle de l'affect semble en effet impliquer le système préconsient/conscient décrit dans la première topique, puisque le système inconscient est, selon cette approche théorique, siège de quantités pulsionnelles et non d'affects qualitatifs. Freud décide de ne pas trancher ce problème d'un affect inconscient et laisse la question ouverte. Il choisit donc une perspective descriptive, insistant sur l'évidence d'une culpabilité inconnue du Moi et pourtant génératrice de nombreuses démarches. Cette culpabilité inconsciente peut prendre des formes contradictoires : ambition dévorante par volonté de faire mieux que le père ou au contraire échecs répétés dans les entreprises pour, au contraire, épargner le père. De fait, la pratique clinique montre que toute réussite peut être rongée par un sentiment de transgression qui serait alors induite par cette culpabilité de faire mieux que son géniteur.
Culpabilité et mélancolie
Dans les années 1915-1917, Freud, dans son ouvrage « Deuil et mélancolie » montre que la psychose mélancolique s'articule autour d'un clivage inconscient chez le même sujet, à l'occasion d'un deuil. Celui-ci tient à la fois la position d'accusateur (qui s'en prend à l'objet d'amour disparu) et celui de l'accusé (qui retourne contre lui-même les reproches induits par cette disparition).
L'instance psychique qui accuse le sujet, Freud l'appelle Surmoi. Il lui donne un rôle particulièrement important dans la vie psychique. Le Surmoi trouve son embryon dans le narcissisme primaire mais il prend sa forme accomplie au moment du complexe d'Œdipe. Il peut alors jouer un rôle stimulant pour le sujet mais il risque également de « s'emballer » et de conduire celui-ci à retourner contre lui-même ses pulsions agressives. Ceci est particulièrement visible dans la névrose obsessionnelle et plus encore dans la mélancolie.
La notion de culpabilité collective
La question de la culpabilité collective est également analysée par Freud dans plusieurs de ses textes. Elle apparaît de manière flagrante dans la démarche religieuse et dans les mythes de nombreuses cultures.
La religion se fonde souvent sur le principe d'une faute dont les êtres humains seraient redevables à une instance divine. Dans la religion chrétienne l'apôtre Paul en fait une loi première, la « faute originelle » qui est réactualisée dans cette religion par la mise à mort du fils de Dieu.
Le bouddhisme a une approche légèrement différente. En effet d'un point de vue bouddhiste, il n'y a pas de culpabilité originelle mais un enchainement de causes et d'effets. L'ignorance de la nature véritable des choses nous pousse à perpetuer notre souffrance et pour s'en libérer, il faut se libérer de notre ignorance.
Religions abrahamiques et culpabilité
Le Christianisme, le Judaïsme font le constat de la souffrance de l'humanité, perpétuelle, semblant se répéter sans qu'elle puisse cesser. Or si le monde est juste, si Dieu est juste, cette souffrance doit pouvoir s'expliquer et c'est même qu'elle est juste. Mais qu'est-ce qu'une souffrance juste, sinon une punition ? Punition touchant tous les êtres humains, leur réponse est qu'elle est celeste. Choisie par Dieu, pour les humains, cette souffrance est alors une punition ayant pour objet le péché originel, source ultime de tous les maux de l'humanité, péchés et souffrance étant alors nécessairement deux faces d'une même chose. Etant donné l'omniprésence de la souffrance, il se dégage selon cette théologie une culpabilité énorme, universelle.
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)
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