Le privilège de l’intimité de Dieu
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Le privilège de l’intimité de Dieu
Le privilège de l’intimité de Dieu
Quelques lignes pour vous partager ce quelle est la joie mais aussi le mystère de vivre cette vocation particulière : « la vie d’ermite ».
Ce don total de soi à Dieu est un exercice où les élus sont peu nombreux et c’est tant mieux. Ce n’est pas une pensée discriminatoire mais cette forme de vie est si spécifique que l’on ne peut la vivre en bon équilibre psychologique que si l’on y est appelé et préparé. D’ailleurs « vocation » c’est exactement ce que cela veut dire : du latin, vocatio, appeler.
Si certains par leur célibat, leur goût à l’oraison ou de la solitude, pensent pouvoir devenir ermite, rien n’est moins sûr ! L’expérience érémitique va bien au-delà de ça. Elle relève avant tout d’une expérience mystique. La mystique chrétienne comme le signalait Maître Eckart, demande une solide stabilité psychologique mais aussi une bonne santé physique, et c’est aussi un des enseignements que l’on peut tirer de la vie des Pères du désert. Quelle n’est pas la frustration d’un ermite devant faire le deuil de son ermitage en réintégrant la vie dans le monde pour raison de santé, en quittant ainsi cette relation privilégiée que l’on a avec Dieu dans le désert.
Attention ! Être ou vivre une vie mystique, ne veut pas dire vivre des expériences pleines de miracles ou de prodiges théurgiques. Le mot mystique vient du grec muo, qui signifie : « fermer, se taire ». Dans le secret, la discrétion du silence. Voyez le paradoxe, moi qui vous parle de ça, alors que la plupart des ermites sont des gens discrets, voire inapprochables. Mais comme je le sous-titre, c’est pour moi une joie de vous partager cette expérience et un début de réponse à ceux et celles qui m’ont déjà exprimé leur interrogation.
Comment devient-on ermite ? Comme je l’ai dit, il faut être appelé, ensuite on y accède par une initiation, des écrits, un apprentissage parfois long et difficile, inaccessible au plus grand nombre, qui souvent se transmet oralement par ce qu’on appelle le testament mystique, comme les sentences des Pères du désert.
Le but, apprendre à créer une union avec Dieu, une relation étroite et intense avec lui, se forgeant par de longs jeûnes, des oraisons (prières silencieuses) répétées et de longue durée, une osmose avec la nature que l’on doit apprendre à connaître et apprivoiser. Cette proximité avec Dieu demande d’être basée sur une certitude intérieure qui suppose un dépouillement radical, pas seulement par la prière mais dans la confiance, oser s’en remettre à la providence, ainsi qu’une mise à l’écart de tout ce qui peut nous rattacher des images, sentiments, pensées.
Cela suppose une ascèse rigoureuse, afin de libérer la vie de l’esprit pour finalement imprégner notre personnalité toute entière. Là nous toucherons du doigt le Seigneur…
Sachez que cela ne se fait pas tout seul, comme le confessent les Pères du désert et tous ceux qui vivent ou ont vécu cette expérience, le désert est aussi le lieu de rudes combats spirituels, l’endroit propice aux tentations, à la rencontre avec le démon. Lieu même où Jésus fût emmené pour être tenté. (Mat.4)
Cette expérience mystique réussie, l’expérience de vie d’ermite s’accomplissant, commence un autre combat, celui de protéger sa solitude, le silence, la vie de prière, tout ce qui fait cette relation privilégiée avec Dieu. Car c’est alors que commence votre second devoir dans cette vocation. Celle de partager ce que l’esprit vous apporte dans votre intimité avec Dieu. Pour cela pas besoin de prospecter, au contraire il est bon d’avoir le sas d’une communauté monastique pour filtrer. Car aujourd’hui comme hier, les ermites sont très sollicités, pour apporter conseils et enseignements. Un nombre incroyable de glaneurs de sagesse vous envahissent. Les visiteurs sont de tous les genres : laïcs en discernement de vocation, moines, prêtres ou pasteurs, chrétiens en recherche d’absolu, patrons ou politiques en indécisions, etc. Ce qui m’a été le plus souvent demandé, c’est l’enseignement à la « prière du cœur ».
Au IVème siècle, des anachorètes (moines solitaires), inventent une forme de prière courte, répétée, méditative et favorisant l’union avec Dieu. Des techniques liées au souffle qui donnera naissance à l’hésychasme. Cette prière continue, longue, est pratiquée inlassablement, les anachorètes prenant à la lettre ce conseil de Saint Paul : « priez sans cesse » (1 Th 5,17). Un de ces Pères du désert dira : « le moine est appelé moine parce qu’il converse avec Dieu nuit et jour » (Macaire 300+390). Un autre, Colobos, dira lui : si vous voulez en tant qu’homme, rendre à Dieu un culte Divin, entretenez en secret dans votre cœur une prière ininterrompue.
Cette forme d’oraison a pour but, l’hésychia, mot d’origine grec qui signifie : le repos, la tranquillité. La paix du cœur afin de s’unir à Dieu. L’ascèse de l’ermitage et cette prière du cœur, nous fait passer à l’extrême indifférence de toute chose et à la contemplation extatique, vide de toute pensée, alors l’âme éprise de sagesse communie avec Dieu.
Bref aperçu de cette étrange mais délicieuse vocation, car son explication demanderait plus d’un livre
Bien à vous en Christ
FAD
Quelques lignes pour vous partager ce quelle est la joie mais aussi le mystère de vivre cette vocation particulière : « la vie d’ermite ».
Ce don total de soi à Dieu est un exercice où les élus sont peu nombreux et c’est tant mieux. Ce n’est pas une pensée discriminatoire mais cette forme de vie est si spécifique que l’on ne peut la vivre en bon équilibre psychologique que si l’on y est appelé et préparé. D’ailleurs « vocation » c’est exactement ce que cela veut dire : du latin, vocatio, appeler.
Si certains par leur célibat, leur goût à l’oraison ou de la solitude, pensent pouvoir devenir ermite, rien n’est moins sûr ! L’expérience érémitique va bien au-delà de ça. Elle relève avant tout d’une expérience mystique. La mystique chrétienne comme le signalait Maître Eckart, demande une solide stabilité psychologique mais aussi une bonne santé physique, et c’est aussi un des enseignements que l’on peut tirer de la vie des Pères du désert. Quelle n’est pas la frustration d’un ermite devant faire le deuil de son ermitage en réintégrant la vie dans le monde pour raison de santé, en quittant ainsi cette relation privilégiée que l’on a avec Dieu dans le désert.
Attention ! Être ou vivre une vie mystique, ne veut pas dire vivre des expériences pleines de miracles ou de prodiges théurgiques. Le mot mystique vient du grec muo, qui signifie : « fermer, se taire ». Dans le secret, la discrétion du silence. Voyez le paradoxe, moi qui vous parle de ça, alors que la plupart des ermites sont des gens discrets, voire inapprochables. Mais comme je le sous-titre, c’est pour moi une joie de vous partager cette expérience et un début de réponse à ceux et celles qui m’ont déjà exprimé leur interrogation.
Comment devient-on ermite ? Comme je l’ai dit, il faut être appelé, ensuite on y accède par une initiation, des écrits, un apprentissage parfois long et difficile, inaccessible au plus grand nombre, qui souvent se transmet oralement par ce qu’on appelle le testament mystique, comme les sentences des Pères du désert.
Le but, apprendre à créer une union avec Dieu, une relation étroite et intense avec lui, se forgeant par de longs jeûnes, des oraisons (prières silencieuses) répétées et de longue durée, une osmose avec la nature que l’on doit apprendre à connaître et apprivoiser. Cette proximité avec Dieu demande d’être basée sur une certitude intérieure qui suppose un dépouillement radical, pas seulement par la prière mais dans la confiance, oser s’en remettre à la providence, ainsi qu’une mise à l’écart de tout ce qui peut nous rattacher des images, sentiments, pensées.
Cela suppose une ascèse rigoureuse, afin de libérer la vie de l’esprit pour finalement imprégner notre personnalité toute entière. Là nous toucherons du doigt le Seigneur…
Sachez que cela ne se fait pas tout seul, comme le confessent les Pères du désert et tous ceux qui vivent ou ont vécu cette expérience, le désert est aussi le lieu de rudes combats spirituels, l’endroit propice aux tentations, à la rencontre avec le démon. Lieu même où Jésus fût emmené pour être tenté. (Mat.4)
Cette expérience mystique réussie, l’expérience de vie d’ermite s’accomplissant, commence un autre combat, celui de protéger sa solitude, le silence, la vie de prière, tout ce qui fait cette relation privilégiée avec Dieu. Car c’est alors que commence votre second devoir dans cette vocation. Celle de partager ce que l’esprit vous apporte dans votre intimité avec Dieu. Pour cela pas besoin de prospecter, au contraire il est bon d’avoir le sas d’une communauté monastique pour filtrer. Car aujourd’hui comme hier, les ermites sont très sollicités, pour apporter conseils et enseignements. Un nombre incroyable de glaneurs de sagesse vous envahissent. Les visiteurs sont de tous les genres : laïcs en discernement de vocation, moines, prêtres ou pasteurs, chrétiens en recherche d’absolu, patrons ou politiques en indécisions, etc. Ce qui m’a été le plus souvent demandé, c’est l’enseignement à la « prière du cœur ».
Au IVème siècle, des anachorètes (moines solitaires), inventent une forme de prière courte, répétée, méditative et favorisant l’union avec Dieu. Des techniques liées au souffle qui donnera naissance à l’hésychasme. Cette prière continue, longue, est pratiquée inlassablement, les anachorètes prenant à la lettre ce conseil de Saint Paul : « priez sans cesse » (1 Th 5,17). Un de ces Pères du désert dira : « le moine est appelé moine parce qu’il converse avec Dieu nuit et jour » (Macaire 300+390). Un autre, Colobos, dira lui : si vous voulez en tant qu’homme, rendre à Dieu un culte Divin, entretenez en secret dans votre cœur une prière ininterrompue.
Cette forme d’oraison a pour but, l’hésychia, mot d’origine grec qui signifie : le repos, la tranquillité. La paix du cœur afin de s’unir à Dieu. L’ascèse de l’ermitage et cette prière du cœur, nous fait passer à l’extrême indifférence de toute chose et à la contemplation extatique, vide de toute pensée, alors l’âme éprise de sagesse communie avec Dieu.
Bref aperçu de cette étrange mais délicieuse vocation, car son explication demanderait plus d’un livre
Bien à vous en Christ
FAD
Dernière édition par FAD le Jeu 3 Avr - 14:10, édité 2 fois
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
En fait, ne connaissant que ma propre intimité avec Dieu, il m'est tout à fait impossible d'imaginer quelle intimité je pourrais avoir avec Lui, dans d'autres circonstances.
Il est vrai que l'ascèse, dès l'instant où elle nous débarrasse en quelque sorte, de l'enveloppe charnelle, peut nous relier à Dieu. C'est d'ailleurs le principe du jeûne.. que j'aimerais bien pratiquer d'ailleurs..
debora
Il est vrai que l'ascèse, dès l'instant où elle nous débarrasse en quelque sorte, de l'enveloppe charnelle, peut nous relier à Dieu. C'est d'ailleurs le principe du jeûne.. que j'aimerais bien pratiquer d'ailleurs..
debora
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)
Forum Relation d'aide chrétienne
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Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Dans les "récits d'un pélerin russe", ou la "petite philocalie de la prière du coeur", on retrouve des techniques pour "prier sans cesse" qui intègrent, effectivement, le souffle, afin que la prière devienne un automatisme tout comme la respiration.
biographie d'Eckhart :
L'enseignement spirituel de Maître Eckhart est essentiellement une invitation au détachement considéré comme la condition nécessaire de l'union à Dieu, et à l'enfantement de Dieu dans l'âme, fruit de la « divinisation » reçue de et par l'union à Dieu. Il s'agit d'un détachement de tout ce qui rend l'être indisponible à l'action de la grâce ; le dernier degré de ce détachement consistant même à s'affranchir de l'effort pour se rapprocher de Dieu. Il s'agit en effet moins de se décharger du poids de réalités contingentes extérieures que de cultiver et entretenir une intériorité conçue comme fragment de l'union à ce monde, autrement que le Christ, qui en sa chair humaine fut attaché au monde. Ainsi disposé, l'esprit libre, le cœur humble, toute attente ou aspiration personnelle éteinte, l'intériorité insensible à toute turpitude, Dieu ne peut faire autrement que de s'y loger, comblant cette vacuité par la félicité ; «l'homme devenant par grâce ce que Dieu est en nature. » (Maxime le Confesseur). C'est ce que l'on appelle la divinisation, thème mal connu, jugé parfois hétérodoxe, alors que remontant, outre Maxime le Confesseur à Augustin, et se prolongeant en de très grands penseurs tels que Nicolas de Cues. Cet apparent empiètement sur la puissance divine et la suspension du mouvement spontané de la piété ont été les prétextes principaux des accusations d'hérésie, confortées par des énoncés dégagées de leur contexte de prédication, le tout amplifié par le goût de formules paradoxales.
Ainsi, contre la tendance générale à l’abandon du monde, Eckhart proclame et justifie théologiquement la possibilité de réintégrer l’identité ontologique avec Dieu tout en restant dans le monde.
Il distingue le Dieu (Gott) de l’essence divine (Gottheit), en latin Deus et Deitas. Cette distinction, remise à la pointe de la théologie par Gilbert de la Porée au premier quart du XIIe siècle appelle la définition d'un tiers-terme : la divinitas. Selon l'adage « Tout ce qui est en Dieu est Dieu », alors, demanda Gilbert de la Porrée, par quoi, Dieu est-il Dieu, puisque ce par quoi on est quelque chose, n'est pas celui qu'on est ? Ainsi il introduisit la distinction entre Dieu, divinité et déité. Eckhart sans le suivre dans sa radicalité, montrera dans son ontologie sa connaissance du maître chartrain.
L’expérience mystique est vue comme le retour à la Déité manifestée dans le Christ vivant en l'âme du croyant. L’union avec Dieu est comparée à une goutte d’eau retournant à l’océan. La vocation prédestinée de l’homme est d’être en Dieu. Si le Père engendra le Fils dans l’éternité, Dieu engendre le Fils dans le fond sans fond, l'abditus mentis d'Augustin, ou Grund en moyen-haut allemand, de l’âme. Cette dernière thèse a beaucoup irrité ses adversaires, car Eckhart la formule avec le vocabulaire des béguines, affirmant qu'existe dans le fond sans fond de l'âme un quelque chose échappant au temps, à l'espace et à tout mode d'existence, un quelque chose d'éternel et de divin : une divine étincelle. La peur du panthéisme a nourri dés lors les critiques.
La difficulté de ses thèses a conduit à de nombreuses interprétations erronées de son message. Eckhart avait pour projet d'écrire une œuvre originale. À l'époque des Sommes Théologiques, il envisageait un ouvrage tripartite, combinant les commentaires bibliques et la spéculation, organisé autour de mille questions. Cet Opus Tripartitum n'a pas été achevé, et les chercheurs tentent actuellement d'en retrouver des éléments dans les œuvres qui nous sont parvenues.
Il fut accusé d’hérésie en 1326, et en 1329 les thèses extrêmes extraites de ses œuvres furent condamnées. Cependant, de l'avis de Josef Ratzinger lui-même lorsqu'il n'était pas encore pape, le procès n'a pas eu lieu, Eckhart n'est pas au sens strict du terme condamné. Il n'a donc même pas à être réhabilité. Ratzinger, après examen, n'a pas trouvé d'hérésie, mais des maladresses de langage dans ses œuvres.
On ignore la date exacte de son décès : il partit de Cologne à destination d'Avignon pour défendre ses thèses. Ensuite, sa trace est totalement perdue, ce qui ajoute encore au mystère l'entourant, puisqu'il n'a pas laissé d'autobiographie, et a restreint au strict minimum les confidences sur sa vie.
biographie d'Eckhart :
L'enseignement spirituel de Maître Eckhart est essentiellement une invitation au détachement considéré comme la condition nécessaire de l'union à Dieu, et à l'enfantement de Dieu dans l'âme, fruit de la « divinisation » reçue de et par l'union à Dieu. Il s'agit d'un détachement de tout ce qui rend l'être indisponible à l'action de la grâce ; le dernier degré de ce détachement consistant même à s'affranchir de l'effort pour se rapprocher de Dieu. Il s'agit en effet moins de se décharger du poids de réalités contingentes extérieures que de cultiver et entretenir une intériorité conçue comme fragment de l'union à ce monde, autrement que le Christ, qui en sa chair humaine fut attaché au monde. Ainsi disposé, l'esprit libre, le cœur humble, toute attente ou aspiration personnelle éteinte, l'intériorité insensible à toute turpitude, Dieu ne peut faire autrement que de s'y loger, comblant cette vacuité par la félicité ; «l'homme devenant par grâce ce que Dieu est en nature. » (Maxime le Confesseur). C'est ce que l'on appelle la divinisation, thème mal connu, jugé parfois hétérodoxe, alors que remontant, outre Maxime le Confesseur à Augustin, et se prolongeant en de très grands penseurs tels que Nicolas de Cues. Cet apparent empiètement sur la puissance divine et la suspension du mouvement spontané de la piété ont été les prétextes principaux des accusations d'hérésie, confortées par des énoncés dégagées de leur contexte de prédication, le tout amplifié par le goût de formules paradoxales.
Ainsi, contre la tendance générale à l’abandon du monde, Eckhart proclame et justifie théologiquement la possibilité de réintégrer l’identité ontologique avec Dieu tout en restant dans le monde.
Il distingue le Dieu (Gott) de l’essence divine (Gottheit), en latin Deus et Deitas. Cette distinction, remise à la pointe de la théologie par Gilbert de la Porée au premier quart du XIIe siècle appelle la définition d'un tiers-terme : la divinitas. Selon l'adage « Tout ce qui est en Dieu est Dieu », alors, demanda Gilbert de la Porrée, par quoi, Dieu est-il Dieu, puisque ce par quoi on est quelque chose, n'est pas celui qu'on est ? Ainsi il introduisit la distinction entre Dieu, divinité et déité. Eckhart sans le suivre dans sa radicalité, montrera dans son ontologie sa connaissance du maître chartrain.
L’expérience mystique est vue comme le retour à la Déité manifestée dans le Christ vivant en l'âme du croyant. L’union avec Dieu est comparée à une goutte d’eau retournant à l’océan. La vocation prédestinée de l’homme est d’être en Dieu. Si le Père engendra le Fils dans l’éternité, Dieu engendre le Fils dans le fond sans fond, l'abditus mentis d'Augustin, ou Grund en moyen-haut allemand, de l’âme. Cette dernière thèse a beaucoup irrité ses adversaires, car Eckhart la formule avec le vocabulaire des béguines, affirmant qu'existe dans le fond sans fond de l'âme un quelque chose échappant au temps, à l'espace et à tout mode d'existence, un quelque chose d'éternel et de divin : une divine étincelle. La peur du panthéisme a nourri dés lors les critiques.
La difficulté de ses thèses a conduit à de nombreuses interprétations erronées de son message. Eckhart avait pour projet d'écrire une œuvre originale. À l'époque des Sommes Théologiques, il envisageait un ouvrage tripartite, combinant les commentaires bibliques et la spéculation, organisé autour de mille questions. Cet Opus Tripartitum n'a pas été achevé, et les chercheurs tentent actuellement d'en retrouver des éléments dans les œuvres qui nous sont parvenues.
Il fut accusé d’hérésie en 1326, et en 1329 les thèses extrêmes extraites de ses œuvres furent condamnées. Cependant, de l'avis de Josef Ratzinger lui-même lorsqu'il n'était pas encore pape, le procès n'a pas eu lieu, Eckhart n'est pas au sens strict du terme condamné. Il n'a donc même pas à être réhabilité. Ratzinger, après examen, n'a pas trouvé d'hérésie, mais des maladresses de langage dans ses œuvres.
On ignore la date exacte de son décès : il partit de Cologne à destination d'Avignon pour défendre ses thèses. Ensuite, sa trace est totalement perdue, ce qui ajoute encore au mystère l'entourant, puisqu'il n'a pas laissé d'autobiographie, et a restreint au strict minimum les confidences sur sa vie.
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Il faudrait que je retrouve un résumé / extrait du pélerin russe. C'est vraiment magnifique, tu verras !
Ah, voilà un site qui explique le livre.
http://rmitte.free.fr/leloup/russe.htm
ce type de spiritualité est plus connue chez nos amis orthodoxes.
Par ailleurs, de manière intéressante, la répétition inlassable du nom de Dieu est aussi pratiquée dans le soufisme, courant mystique de l'Islam (mais là je m'éloigne du sujet !)
Ah, voilà un site qui explique le livre.
http://rmitte.free.fr/leloup/russe.htm
ce type de spiritualité est plus connue chez nos amis orthodoxes.
Par ailleurs, de manière intéressante, la répétition inlassable du nom de Dieu est aussi pratiquée dans le soufisme, courant mystique de l'Islam (mais là je m'éloigne du sujet !)
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Je pratique ce qu'on appelle "la prière du coeur" ou la "prière de Jésus". La phrase est tres courte:" Seigneur Jésus, Christ, fils de Dieu aie pitié de moi pécheur". Et c'est une prière qui se cale sur le souffle, qui demeure en arrière plan, qui pour moi est devenue vitale, une sorte de "soufflet" spirituel.
Je comprends fort bien ce qu'écrit FAD, parce que ce qu'il décrit et c'est aussi l'enseignement de Maître Eckhart, mais de Jean de La croix ou de Thérèse d'Avila, c'est de fait la perception d'Elie (Dieu qui se manifeste dans la douceur d'une brise subtile). Il y a des "disciples" dont c'est cela la vocation et d'autres qui vivent autrement leur relation à la trinité, car c'est bien de Trinité qu'il s'agit.
Il n'y a aucun jugement de valeur, mais le monachisme a commencé très tôt dans la vie de l'église et cela a quand même un sens, même si ce n'est pas dans la bible.
Simplement ne pas en faire un absolu, parce que alors Dieu n'y a plus sa place.
Giboulée
Je comprends fort bien ce qu'écrit FAD, parce que ce qu'il décrit et c'est aussi l'enseignement de Maître Eckhart, mais de Jean de La croix ou de Thérèse d'Avila, c'est de fait la perception d'Elie (Dieu qui se manifeste dans la douceur d'une brise subtile). Il y a des "disciples" dont c'est cela la vocation et d'autres qui vivent autrement leur relation à la trinité, car c'est bien de Trinité qu'il s'agit.
Il n'y a aucun jugement de valeur, mais le monachisme a commencé très tôt dans la vie de l'église et cela a quand même un sens, même si ce n'est pas dans la bible.
Simplement ne pas en faire un absolu, parce que alors Dieu n'y a plus sa place.
Giboulée
Ps147,18 Il envoie sa parole : survient le dégel ; il répand son souffle : les eaux coulent.
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Je n'ai pas été choquée, du tout, ne vois honnêtement rien de contraire à l'enseignement biblique. C'est vrai que Dieu nous a demandé d'aller... il nous demande aussi de prier sans cesse, et de venir vers Lui. Et je trouve très beau que certaines personnes aient ce don, ou cet appel, ou cette possibilité de vivre uniquement dans la prière. De plonger dans les méandres de la parole, de méditer sur le moindre mot et de passer des heures durant dans la présence de Dieu.
Ce que je trouverais dommage, mais il me semble que ce n'est pas le cas dans ce que FAD a expliqué, c'est qu'ils n'expliquent pas ce qu'ils vivent et qu'ils ne transmettent pas un peu de ce qu'ils ont compris/reçu. Mais si certains sont prêts à tout sacrifier pour vivre uniquement dans la maison du Seigneur, pourquoi les en empêcher ?
Ce que je trouverais dommage, mais il me semble que ce n'est pas le cas dans ce que FAD a expliqué, c'est qu'ils n'expliquent pas ce qu'ils vivent et qu'ils ne transmettent pas un peu de ce qu'ils ont compris/reçu. Mais si certains sont prêts à tout sacrifier pour vivre uniquement dans la maison du Seigneur, pourquoi les en empêcher ?
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Je pense aussi qu'une vie intime avec le Seigneur ne relève pas de l'ermite plus que de la personne active.
je crois qu'une vie intime avec Dieu le Père, passe uniquement par le chemin de la croix et de la repentance, uniquement par Jésus.
je pense (malheureusement) qu'on peut mettre exactement les mêmes phrases que tu as mises Fad pour parler d'un ermite indouhiste, bouddhiste, ou musulman.
je pense que une vie intime avec Dieu passe par Jésus, mais pas par des exercices divers.
La différence est subtile, mais elle est de taille.
Je ressens ce que tu as ressenti cher Ton ami, par rapport à l'écart d'une recherche de Dieu selon l'homme et de ce que la Bible dit.
Je sais que si je n'avais pas vécu ce chemin miraculeux de la repentance et de l'acceptation explicite de Jésus comme mon Sauveur, je n'aurais pas pu ressentir cela
Je perçois cette différence, et j'en suis aussi attristée....
je ne sais pas que dire car je comprends ceux qui ne la perçoivent pas, car j'étais de ceux-là, et me serais extasiée sur cet enseignement il y a plus de quinze ans....
Je perçois aussi que en ce moment-même je ne suis pas comprise par beaucoup.
et.....pour terminer je dois vous dire que je ne peux m'empêcher de pleurer.
allez savoir pourquoi, peut-être d'oser m'exprimer comme je m'exprime en ce moment
Affectueusement et respectueusement , pour chacun, toi Fad en particulier.
Maryline :D :D :D
je crois qu'une vie intime avec Dieu le Père, passe uniquement par le chemin de la croix et de la repentance, uniquement par Jésus.
je pense (malheureusement) qu'on peut mettre exactement les mêmes phrases que tu as mises Fad pour parler d'un ermite indouhiste, bouddhiste, ou musulman.
je pense que une vie intime avec Dieu passe par Jésus, mais pas par des exercices divers.
La différence est subtile, mais elle est de taille.
Je ressens ce que tu as ressenti cher Ton ami, par rapport à l'écart d'une recherche de Dieu selon l'homme et de ce que la Bible dit.
Je sais que si je n'avais pas vécu ce chemin miraculeux de la repentance et de l'acceptation explicite de Jésus comme mon Sauveur, je n'aurais pas pu ressentir cela
Je perçois cette différence, et j'en suis aussi attristée....
je ne sais pas que dire car je comprends ceux qui ne la perçoivent pas, car j'étais de ceux-là, et me serais extasiée sur cet enseignement il y a plus de quinze ans....
Je perçois aussi que en ce moment-même je ne suis pas comprise par beaucoup.
et.....pour terminer je dois vous dire que je ne peux m'empêcher de pleurer.
Affectueusement et respectueusement , pour chacun, toi Fad en particulier.
Maryline :D :D :D
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Lotus a écrit:je comprends aussi très bien ce qu'explique FAD et cela me parle beaucoup !
oui, moi aussi !
FAD a dit : "Car aujourd’hui comme hier, les ermites sont très sollicités, pour apporter conseils et enseignements." Et c'est sûr, les ermites sont très sollicités ; quand on lit des témoignages de leurs vies, ils doivent souvent "lutter" pour pouvoir garder leur temps de prière seul avec le Seigneur. C'est assez paradoxal, puisque au départ ils ont la vocation de se retirer pour prier, mais tellement de personnes viennent à eux pour des entretiens, pour demander conseil !
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
je pense (malheureusement) qu'on peut mettre exactement les mêmes phrases que tu as mises Fad pour parler d'un ermite indouhiste, bouddhiste, ou musulman.
sauf que les ermites d'autres religions ne prient pas le nom de Jésus
je pense que une vie intime avec Dieu passe par Jésus, mais pas par des exercices divers.
Je suis d'accord avec toi. Mais parfois, les exercices peuvent favoriser l'intimité avec Dieu. Pour moi ils ne sont qu'une mise en condition. "retire-toi dans ta chambre et prie ton Père dans le secret de ton coeur" peut sans doute être compris comme "éloigne-toi du bruit, de l'agitation, de tout ce qui peut te distraire de ton Père".
Je perçois aussi que en ce moment-même je ne suis pas comprise par beaucoup.
Chère Maryline, non, nous connaissons ta foi et ton amour de Jésus. tu as vécu un chemin vers Dieu très particulier et très beau, et je t'admire beaucoup pour cela, pour cet amour du Seigneur qui transparaît dans tes paroles.
et.....pour terminer je dois vous dire que je ne peux m'empêcher de pleurer.allez savoir pourquoi, peut-être d'oser m'exprimer comme je m'exprime en ce moment
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Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Je réfléchis, je ne fais même que ça. Mais je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de dérangeant à être ermite, à jeûner, à prier, à vivre dans la solitude et à partir de cela à s'approcher de Dieu. Alors que l'on parle du jeûne et de la mise à part qui sont très biblique..
debora
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Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)
Forum Relation d'aide chrétienne
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Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
En lisant, les différents messages, j'ai dû mal à dire ce que je ressens avec des mots pour que tout le monde comprenne, c'est juste la manière de prier qui est différente, mais toujours le même Dieu.
Merci Plouf et Débora, vous dîtes ce que je voulais dire !
Merci Plouf et Débora, vous dîtes ce que je voulais dire !
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
debora a écrit: Mais je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de dérangeant à être ermite, à jeûner, à prier, à vivre dans la solitude et à partir de cela à s'approcher de Dieu.
ben moi non plus.

mais peut-être que ce qui dérange c'est le titre, PRIVILEGE de l'intimité avec Dieu ?
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Oui, peut-être.. mais ceci ne signifiait pas que la personne était privilégiée mais qu'elle bénéficie d'un privilège particulier à travers le jeûne, l'isolement et le temps consacré à la prière. Tout ceci me semble logique...
Alors bien sûr, peut-être y a-t-il des similitudes avec le bouddhisme qui prend beaucoup d'importance mais il me semble que celui qui "confesse Jésus-Christ venu pour nous sauver" lui appartient bien..
debora
Alors bien sûr, peut-être y a-t-il des similitudes avec le bouddhisme qui prend beaucoup d'importance mais il me semble que celui qui "confesse Jésus-Christ venu pour nous sauver" lui appartient bien..
debora
Invoque-moi et je te répondrai, je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas. (Jérémie 33.3)
Forum Relation d'aide chrétienne
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Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Moi non plus, je ne trouve pas dérangeant , bien au contraire de mettre du temps à part, de jeûner, de s'approcher de Dieu. :D tout comme vous dites Debora et Plouf.
En fait je parlais de la subtilité , de la manière de s'approcher de Dieu, mais là ce que revient au post de Fad,où déjà on parlait de s'approcher du new-âge (excuse-moi Fad, comprends surtout que je ne t'en veux pas, mais que simplement je ne partage pas ta manière de voir
)
Bon, pour m'expliquer il faudrait que je sache ce que vous savez tous faire avec adresse, citer des phrases pour m'en sortir......mais là, c'est où que je cite tout le texte, ou je n'arrive pas.....pas drôle cet aveu d'un manque technique flagrant après des années de forum.
Maryline :D :D :D
En fait je parlais de la subtilité , de la manière de s'approcher de Dieu, mais là ce que revient au post de Fad,où déjà on parlait de s'approcher du new-âge (excuse-moi Fad, comprends surtout que je ne t'en veux pas, mais que simplement je ne partage pas ta manière de voir
Bon, pour m'expliquer il faudrait que je sache ce que vous savez tous faire avec adresse, citer des phrases pour m'en sortir......mais là, c'est où que je cite tout le texte, ou je n'arrive pas.....pas drôle cet aveu d'un manque technique flagrant après des années de forum.
Maryline :D :D :D
Re: Le privilège de l’intimité de Dieu
Alors je répondrai par ce dernier message
Je suis chrétien et théologien, toutes mes prières si elle ne sont adressées au Père ou à l'Esprit, le sont à Jésus.
Je suis aussi enseignant, aussi bien dans des facultés de théologie catholiques, protestantes ou orthodoxes, et un pasteur ou ex pasteur ayant suivi son quota d'études bibliques et théologiques devrait savoir qui est Eckart, car il est enseigné de partout. Un vrai pasteur, je veux dire détenteur d'au moins une maîtrise de théologie, devrait aussi facilement se rendre compte que dans tout ce que j'ai dit, rien n'est esotérique ce contre quoi je lutte depuis des années, ni hérétique, car tout ce dont je parle fait partie de la base de notre religion chrétienne ce sont les enseignements des Pères de l'église. De plus tout est dans les écritures contrairement à ce que tu dis mon bon pasteur tonami. Et oui même le jeûne et le désert est présent dans l'ancien comme le nouveau testament.
Et heureusement qu'il y a des moines et des ermites, figurez-vous que même les réformés s'y mettent et de plus en plus.
Si certains sont si allergiques à ces exercices d'ascèses que je partage en toute fraternité, mais ne prône pas et en aucun cas, et bien tampis. Que ceux qui ont des oreilles entendent...
Bien à vous en Christ
FAD
Je suis chrétien et théologien, toutes mes prières si elle ne sont adressées au Père ou à l'Esprit, le sont à Jésus.
Je suis aussi enseignant, aussi bien dans des facultés de théologie catholiques, protestantes ou orthodoxes, et un pasteur ou ex pasteur ayant suivi son quota d'études bibliques et théologiques devrait savoir qui est Eckart, car il est enseigné de partout. Un vrai pasteur, je veux dire détenteur d'au moins une maîtrise de théologie, devrait aussi facilement se rendre compte que dans tout ce que j'ai dit, rien n'est esotérique ce contre quoi je lutte depuis des années, ni hérétique, car tout ce dont je parle fait partie de la base de notre religion chrétienne ce sont les enseignements des Pères de l'église. De plus tout est dans les écritures contrairement à ce que tu dis mon bon pasteur tonami. Et oui même le jeûne et le désert est présent dans l'ancien comme le nouveau testament.
Et heureusement qu'il y a des moines et des ermites, figurez-vous que même les réformés s'y mettent et de plus en plus.
Si certains sont si allergiques à ces exercices d'ascèses que je partage en toute fraternité, mais ne prône pas et en aucun cas, et bien tampis. Que ceux qui ont des oreilles entendent...
Bien à vous en Christ
FAD
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